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barbares passant à l'état mil. L' hypothèse est encore moins admissible pour les premiers hommes, et ayant toute civilisation.
Quoi qa'il en soit , quand une association politique m forme librement, elle ne peut pleinement réaliser l'idée sur laquelle elle repose, que par Facoomplissement des conditions suivantes.
La première est une espèce de convention entre les parties contractantes, par laquelle les devoirs et les droits de chacune sont déterminés en ce qui concerne Fassociation. Cette convention établit la forme du gouvernement et lec^ moyens d'administration ; elle règle les rapports des gouvernants et des gouvernés, elle organise les institutions par lesquelles ces rapports s'expriment et se stabiUsent. C'est ce qu'on peut appeler le contrat sociai. Comme tout contrat , il doit être consenti librement par les parties , soit qu'elles interviennent en personne , soit qu ell^ se fassent représenter, comme cela est inévitable chez un peuple nombreux , disséminé sur un vaste territoire. Chez les peuples qui arrivent à Témancipation , il y a ordinai-rement un affranchissement lent, gradud, qui préparé le pacte fondamental. Il faut souvent des siècles pour que l'œuvre mûrisse, et que la liberté se dégage des entraves matérielles, des droits acquis, des antiques privilèges, des vieilles coutumes et des préjugés de toute espèce qui en arrêtent l'essor. Ces liens doivent se relâcher, se dénouer peu à peu , et il est toujours dangereux de vouloir les trancher; car ils ont leurs plis et leurs replis dans les mœurs et la vie du peuple , et on ne peut les déchira sans faire des blessures profondes. Beaucoup d'intérêts
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8*7 rattachent, qui sont perdns oo compromis par la rupture. Il Tient cependant un moment où le changement d*état est nécessaire; mais la Providence seule le connaît, et il n'appartient à personne de le bâter, comme nid n'a le pouvoir de le retarder. On peut le g&ter par Fempressoment de Tavenir, par les regrets du passé , et alors on ajoute de nouvelles souffrances aux inévitables donlenrs de la transformation. C'est ce qui nous est arrivé en France depuis un demi -siècle qu*a éclaté la crise d<mt nos guerres civiles et la lutte des parlements avec la royauté étaient les préludes. En Angleterre elle a commencé avec rétablissement de la grande-«harte. Depuis, la constitution anglaise s*est formée comme un teirein d'allnvion par ane accumulation successive de concessions et de franchises. De là le mélange bizarre de ses éléments, l'incohérence de ses parties et le vague qui y règne, heureusement corrigé par Tusage et les mœurs. Mais les choses ne peuvent rester ainsi ; il faut aussi que le contrat social s*y établisse régulièrement et clairement; il faut que les droits et le& devoirs soient nettement déterminés , ce qm entraîne la nécessité d'une réforme politique par la révision du pacte fondamental , et la rénovation de la oonstitation. L'Angleterre ne peut échapper à cette crise. EUe s'acocomplira en son temps diez tous les peuj^es de l'Europe, composés d'éléments si ^vers , dont la fosion a demandé ane longue suite de sièdes. Gaulois, Bretons oa antres soumis d'abord à la domination romaine, pais conquis par les barbares, Francs, Sai<ms, Danois, hcHnmes da nord et de l'oriant, la vidence les a subjugués, la féodalité les a écrasés , la royauté absohie les a exploités ; ils se
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ssont affranchis peu à peu de tous ces liens, et après pla* siears siècles ils en sont venus à contracter librement avec les descendants de leurs oppresseurs, et à fonder un état social produit non plus de la violence ou de la ruse , mais de la justice , qui veut que les hommes vivent en société pour le bien de tous et non pour Favantage de quelquesnns.
La seconde condition de l'association libre est , que le bat en soit publiquement reconnu et hautement déclaré, savoir Tintérèt de tous ; car des hommes raisonnables et libres ne peuvent contracter ensemble que pour cette fin. Elle doit toujours être rappelée à ceux qui gouvernent , afin qu'ils y dirigent toutes leurs pensées , tous leurs actes , ne se laissant point aveugler ou entraîner par leur volonté propre et leurs passions, tendance très^naturelie à ceux qui commandent. Dans les gouvernements paternels, et surtout dans les monarchies héréditaires, la croyance s'établit facilement qu'un peufrie appartient à une famille , à une dynastie , à peu près comme les parents s'imaginent que les enfants sont leur propriété, et qu'ainsi en gouvernant on exerce un droit naturel, transmis par l'hérédité, plus encore qu'on n'accomplit un devoir. On reconnaît, à la vérité , qu'on doit administrer selon la justice ; mais il est reçu aussi que le pouvoir qui vient d'en haut ne doit compte qu'à Dieu , et n'est responsable qu'à son tribunal. Dans les sociétés libres, l'hérédité des droits est admise comme une condition de Tordre public. C'est une manière de consolider les institutions par la durée des familles, et d'empêcher le con-
cmmn etlalHltr en iMJÉliiimi à dnqiie renoaTdleinent de la pÛHHK» Ce n tsfc puiiit la propriété <f ane famille ni d'aaat racr^ ihbs aiMtenwirt un avantage concédé par la mâetB tlsns asK isÉérét et pour sa dorée. Aosâ, dans «^eaa^ la saôctédcBiBÉe an pouvoir compte de ses actes, et po«r rcapectser la^âetim qa ellea établie d'âne royanté umolable, elle s'en peendà ae» ministres. Néanmoins eette fictiMi a s^ canne tontes les fictions, qn'nne force «HBVeatiomeUe; elle ne tient que dans les temps ordi- Mais qnaad one Inttn sérienae s*engage «itre le et les goHvemés; on le pouvoir tricNOipbe , et alors le despotianK menace; on les gonvemés remportent et le pouvoir tomiie, de qndqne nom qu'il s'appelle et nuigféaon inviolabilité. Charks r'j Louis XYI, Charks X, étaient invioiabies. La force pc^^aire ne comfrend point ksfietiinB.
la tRMièoie conditiMi, c'est que la loi^ qni exprime Fintérèt géaéml , s'applique à tous sans acception des posoones : ^jafité de tous devant k loi. Donc point de privil^es de castes, de corpmations , de familles , d'états. Tons doivent supporter ks charges de l'association en raison de leur position et de leurs moyens^ comme tous doivent profiter de ses avantages, suivant ce qu'ils font et dans la mesure de leur capacité. Telle est la véritable égalité politique, qui tend à s'établir dans le monde sar lot ruines des institutions de monopole et d'arbitraire, égalité qui amènera, avec le temps, parmi les peuples, le règno de la seule démocratie légitime, celle qui repose uulquomout sur Mntérèt commun et où le pouvoir, accès-