‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 145 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP. VII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP. VII

qoi puissent les supporter. C'est une des raisons du cens électoral, et qui empêche de trop rabaisser; car si tous les citoyens étaient appelés à exercer des fonctions publiques, rÉtat serait obligé de les payer ou de les nourrir, comme il arrivait souvent dans les républiques anciennes. C'est un grave inconvénient et même une absurdité ; puisque en définitive , sauf la ressource odieuse et passa* gère de la spoliation des autres peuples par la conquête , rÉtat ne donne aux uns qu'en prenant aux autres. Or, si le trésor paie ou nourrit le peuple qui ne travaille pas , qu'est-ce qui remplira le trésor?

Une autre' conséquence de Tapplication générale des citoyens aux fonctions législatives , gouvernementales on judiciaires, c'est que la vie privée manquera du travail nécessaire pour la soutenir, et que Fagriculture , l'indns* trie, les sciences et les arts seront négligés, ou abandonnés à des étrangers , mercenaires ou esclaves. De là l'odieux contraste des républiques anciennes qui renfermaient dans leur sein une multitude d'êtres humains privés par r esclavage des droits naturels de l'homme, et donnaient le monstrueux spectacle d'une liberté politique fondée sur la servitude. Cette contradiction montre ce qu'il y a de factice et de peu solide dans une telle constitution. Aussi ces états portaient en eux-mêmes une cause incessante de divisions et de ruine.

La liberté politique, comme les modernes l'entendent , a une base plus sûre. Elle appelle à participer à la puissauce publique le plus grand nombre de citoyens qu'il se peut , mais toujours en raison de leurs richesses , de leur capacité ou de ce qu'ils font pour la société. Le système

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OmifmAk rmêemUét gémiaàt OMnBciit ccn4à, ks éktOam ta%rmèÊneêjm demoimimpmiêj dLTmm pmtqoe joiqa aox dernièreB dases de li #icitre kf affaires générales, il y aedksdeh qui reprodoiseot en petit cdks de FEtat, et oà me part légitime peot encore être dimnée à ranliitkm d à Tactirité politique de ebacnn. La porfedioD dans ces sortes de goaYemements, c'est d^intéresser le ^us de citoTens qu'il est possible à la bonne administration de la diose publique ; et il est extrêmement utile à Tordre et à r avancement des affaires , qn*à côté d'nne sorte de centralisation pour la direction de l'ensemble, one lai^ part d*action soit laissée aux communes pour le soin de leurs intérêts privés, afin que chaque citoyen s attache à ta localité, y trouvant, avec sa subsistance, une certaine portion d'influence, de puissance et d'honneur. II en est ainsi en Amérique , et de là le développement immense que prennent les diverses villes d'un même état. Got avantage manque à la France ^ oti les communes soot trop di^pcndantes du gouvernement central, qui les adm(u<Atre jusque dans les plus petits détails, et presque toujours mal et chèrement.

Quoi quil en soit, il est incontestable que les gouvernements libres coûtent plus cher que les gouvernements absolus, en considérant les uns et les autres dans leur marche ordinaire , et abstraction faîte des désordres et des violences. Dans les états absolus l'individu vit uniquement de la vie privée, et il peut donner tout son

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temps à sa famille et à ses affaires , et s*il est vrai qu'il y a de ce côté moins de mouvement, moins de progrès, moins d'activité politique , on peut dire aussi qu'il 7 a moins d* agitation, de désordre, et de bouleversements. Le gouvernement absolu , bien dirigé, peut être pour la société une source de grandeur, de force et de bien-être : alors il vaut bien la liberté politique, qui n'est qu'un moyen pour atteindre ce but. D^ailieurs, il y a des époques où les hommes ne sentent point le besoin de la liberté et ne la comprennent pas, comme les enfants qui n'ont point encore l'expérience de la vie civile. 11 y a des peuples dans le monde qui n'arriveront jamais à leur majorité, comme il y a des hommes qui par caractère resteront toujours enfants. On ne peut pas plus pousser à la liberté politique une nation qui n'en éprouve pas le désir, qu'on ne doit en priver un peuple qui la réclame. Le grand art du gouvernement est de consulter toujours l'état moral des populations, et de satisfaire seulement à leurs véritables besoins. Cependant si l'état libre est plus cher, il parait aussi plus sûr , ptiiâfàe le pouvohr est entre lés mains des citoyens , et que tous les droits individuels et publics semblent le garantir. Gela est vrai en théorie; mais dans la pratique, ces espèces de gouvernement sont tout aussi menacés par l'esprit d'opposition , qui s'agite sans cesse dans leur sein et y engendre les partis et les factions , que les autres le sont par le despotisme et la tyrannie ; car en définitive tout est instable id-bi^, et nos plus solides appuis, nos garanties les plus sûres, de quelque geùre qu'elles soient , ne peuvent empêcher te qui est terrestre et hu«- II. 31

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maûi de périr par les agitations de la terre et ks paanons des hommes.

Le premier devoir de l'homme envers la société qui le protège^ et l'aide dans le développement de ses facultés et dans l'exerGiee de ses droits naturels, c'est de respecter son existence, et de se soumettre à son autorité. La patrie n'est pas une pure abstraction; c'est une espèce de personne morale qui a une âme, un esprit et un corps. En tant qu'elle porte dans son sein et nourrit de sa substance tous ceux qui vivent en elle, elle a quelque chose de maternel qui inspire un sentiment analogue à la piété filiale. Le gouvernement, qui dirige l'ensemble et veille sur tous, ressemble à la puissance du père et participe jusqu'à un certain point au même respect. Enfin, dans toute société, de quelque manière qu'elle soit constituée, au-dessus des gouvernants et des gouvernés plane un idéal de justice, qui représente la Providence et imprime à l'Etat un caractère sacré.

La patrie est vraiment une personne avec laquelle nous c(H)tra€lx>n8 , qui nous donne et à qui nous devons rendse. Il y a entre elle et nons des liens physiques, spirituels et moraux. La terre où nous avons pris naissance n'est que le corps de la patrie. Hais dans ce corps, comme dans le nôtre , il y a une vie supérieure , une

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