‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 146 sur 199 · PARTIE PfiATiQUJB. — CHAP. VII · texte numérisé non relu

PARTIE PfiATiQUJB. — CHAP. VII

existence iaimatérielle. L'Ame de la société, c*est la religioa ayec la foi et les croyances qui s'y rapportent. C'est pourquoi le sentim^t religieux nous attache très- vivement à la patrie, parce qu'il est médé à tout ce qu'il y a de. profond, d'affectueux dans notre cœur, et que nos autres sentiments , au moins les plus honorables , ont leur racine dans celui-là. En outre; c'est par la communauté de foi que les hommes s'unissent le plus intimement.^ et c'est toujours un malheur pour l'assoeiation politique quand elle est divisée sous ce rapport : la meilleure garantie de force et de stabilité lui manque. Gomme aussi l'affaiblissement de la religion est un gr^md mal pour eUe , parce que la foi est le principal soutien de la justice, et la plu& sûre barrière contre la violence et l'égoisme. Dans. le psemier cas la société est en Bciss«>n avec eUe-mème dans son âme, et dansleseeoi^d, quand les croyances' r^gicaseé s'éteignent, eHe n'a phis d'Ame. La Tidigion, ou ce qui en reste encore, parce que sans elle une société ne peut subsista, est tout extérieur; elle est comme Juxta-posée, et n'a pliis Vinflui^ce qui lui appartient, éelle de l'âme 4ans le corps. Elle n'est plus le centre de la vie sociale, et lais^ ainsi un immense vide dont tontes les institutions se ressentent. Un esprit purement humain ^ l'fisprit rationnel, les anime au lieu de l'esprit divin : la philanthropie a pris la place de la chmté, et Tintera bira entendu, c^Uf di|» dévoiiemept. Partout w se9t la maia de l'homme, etc^Ue de Di^ s'est comme retûrée.

Nous spmm^i^ fmore attachés à la patrie par les liens de Tesprit , par l'esprit publie qui domine le peuple dopt

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traelioD que sooi aT4

tocée pour ainsi dire avcr lefait,

de no0 facoltés, an vifiea de

tuelle où chaque eiiEuit

tance, noua sommes ioîtiéi pes à

nous entoure et mis en

siècle et du pays. Il nons

modifie ; il agit et parle

est de son pays, de son temps, de

sou intelligence , par tontes se» faenllés, ^*a le

ou non , à la société oà il a été âeipé.

La patrie n'est donc pas seulement le sol ,

corps n'est point l'homme; bien qu'il n j

patrie sans uu sol, ni hors du sol, eomme il sWapas

d'homme sans corps. La patrie se compose de liMrt ce qui

est nécessaire pour constituer une personne

n'est pas seulement une aggrégation d'indi^ridi

pour satisfaire & leurs besoins pbysiqueset si

aisément le bien-étro matériel , mais une ^

IjUelligeuta et libm s'aidant mutuellement à .

tlouuer, et à marcher vers leur destination. La

flono plus reapectable, elle im^pire un

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tendre et plus profond à mesure qo elle est plus vivante par rame et par l'intelUgenee, et qu'elle a plus dactioa sur nolâre développement intellectuel et moral. Alors nous nous mêlons à elle par des eommunicatioBs inti-^ mes , par des liens saerés. Pins elle nous donne de ' vie religieuse et spirituelle, et plus nous lui sommes att^ehés, phis nous ressentons pour elle de reconnaissanoe et da<^ mour. Ainsi nous demeunms d'autant plus profondément unis à nos parents, que leur tendresse et leurs soins ont plus tourné à notre Ivea véritable.

La patrie a quelque càose de saeré qui eommande te respect de ses enfaots; et se tourner contre elle, la menacer, ou lui faire violence, parait aussi monstrueut, aussi dénaturé que de lever la main sur sa m^re. Qa&s ces cas, Tinjustice, dont on peut être la victime, n'excuse jamais. Le sentiment naturel l'emporte sur la raiMn, FiiH dignation du cœur est plus forte que toutes les ré* flexioBs atténuantes ou justificatives. La viéleAcë, et déjà la menace contre ceux qui nous mit donné le jour, est un crime de lèze-nature. Celui qui frappe le sein qui Ta enfantéest un Néron. Or la patrie est une mère, car elle noua porte dans ses entrailles, et nous nourrit de sa substance.

Le respect qu'on doit à la société vient encore d'une source plus baute ; car tout état r^lièrement constitué et réunissant certaines garanties d'ordre et de justice, obtient toujours une intervention providentielle, qui établit et soutient le pouvoir dans l'intérêt de l'équité, et pour l'accomplissement des desseins de Dieu. C'est le sens de la parole de saint Paul : Toute puissance vient de Dieu..... Le prince porte le glaive pour la justice ( Bom.

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cbap. XIII, f. 1 , 4. ) ï^t en effet , tty a Wea peu de»oiétés ail le despotisme règne «»8 contràle, où lAdioKs marchent soivant le caprice , et pour l'intéFèt d'an seid ou de qaelqaes*nng. Les goaTemements les plus abaobis sont encore dominés par le aailiment et le désir de la jnstice , an moins dans leur manière habitaelle d'agir. Les goaYemants d'aiUeiifs ne sont jamais laissés entièrement à leor Tcdonlé proppe, îb rencontrent toajoois des barrières, des oppeâiioBS dans les hommes oa dans les choses, et ib ont besoni d'en appela- sans eesM^ à réq[aité pour dmuMr «a a|i|Mi ea un prétexte à ce qu'ils reniait. La aociétf la plus mal constiliiée, la pins pitojablcBMnt gomcnée, offre encore hieu mmis d'inconTénienls que ranurcUe oo l'état sauiage. Cest ponninoi nne sodélé est respertaUe par celaseid qu'eUc est établie, et il est dn dewir de tout dtojm, co l'acoeptmt comme il la trouve, d'accomplir ks eonditions qni la font exister, tout en cherchant, animât qa il dépud de lui, à Faméliorer et à la perfectioniier .

La loi doit être l'expression de l'intérêt général, qui est la justice dans rassociation. Par elle est fondée et maintenue l'unité de la société , tous les intérêts s'y rencontrant, toutes les volontés devant y converger. L'unité politique est ce qui fait Ves^ prie national d'un peuple , nationalité artificielle, produit de Tassociation libre et qui supplée, jusqu'à

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un cerlaia point, à la nationalité naturelle, formée par les liens du sang et la commanaiité d'orîgine% Plus les citoyens dont unis, plus l'Etat sera fort et durable. C'est donc un devoir pour chaque mem* bre de la société de subordonner son intérêt privé à l'intérêt commun , sa raison particulière à lA raî^ son générale dans rétablissement de la loii et dans son exécution.

li y a deux espèeeê de nationiditéi, eorreqKmdaMn aux deux maHières prindpales dont se forment \eâ so^ciétés. Les unes stmt rexteaston delà fandle^ Id 4év«lop«* pement â*uiie race dont les membivs sont surtout mis par ks liens du sang; ce sont les nations propremettt dites. Les autres sont composées par les détnis des pre^*^ \ mières ; c'est un mâange d'hommes de raees , de fimifleé) de ocmtrées diverses, râinis par les circonstances et ^'accordant à Tîvre ensemble dans un intértt commun. lèls sont les peuples, en tant qu'on les opfose aux nalioïis^ La nature a la plus grande part dans la fondation de ceUe&ci : c'est pourquoi la vie patriarcale et le r^me pater*» nel y dominent. Les sociétés n'ont pu se fonner ainsi qu'à Tori^ne de la dvilisation , quand la terre n'était point encore remplie d'habitants et que les familles, en se muK tipliant , se répandaient de proche en proche sur des ré«gtons désertes, on allaient cherdier une nouvelle destinée dans un pays lointain. Mais lorsque la multitude des bom* mes s'est accrue, et que de grandes nations ont sui^gidè tous côtés , elles se sont mêlées par les relations dé la guerre ou du commeroe, et dès-^lors les nationalités n$h

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tarelles oot dû 6*effacer avec le temps , à moins qu'on n*ait empêché les communications arec le dehors, comme jadis chez le peuple hébreu, et maintenant encore chez les Chinois et quelques nations de l'Inde. Ces obstacles du reste ne peuvent tenir longrtemps, et la force des choses doit amener tôt ou tard la confusion des populations. Aujourd'hui on ne trouve plus guère de traces de nationalités naturelles, eu Europe surtout, où tant de races ont passé sur le même sol , que nos sociétés modernes sont comme des terrdns d'allnvion , formés succesâvement par les débris des populations qui les ont traversées. Gomment retrouver une nation en France, au milieu des éléments Celtique, Ibérien, Ligure, Grec , Gaulois, Romain, Germain, Franc, Breton, Sarrazin, Normand qni composent par leur mélange la population actuelle? En Angleterre, que de peuplades, que de races accumulées et qui ont fini par s'identifier ! Depuis le Christianisme, qui a reçu la haute mission d'unir les hommes , toutes les barrières sont tombées ; les races ont été ramenées, comme les peuples, à une même unité, et sous le rapport politique aussi bien que sous le rapport religieux , il ne doit pins y avoir ni grec, ni barbare, ni esclave, ni msdtre. Il y avait donc quelque chose de providentiel dans cet amalgame des nations opéré d'abord par les invasions des barbares du Nord, puis par celles des Sarrazins qui provoquèrent la réaction des croisades. C'était une préparation an retour du genre humain à l'unité dont il est parti , et à laquelle il doit revenir, après avoir acquis par son dévdoppement la conscience de sa nature et de sa force : unité intelligente et libre, qui convient à l'homme adulte,

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