PART» PRATIQUE. — GHAP. VII
et que le Christianisme seul peat accomplir par son inflaence uniTersdle on catholique.
Une antre espèce de nationalité s'est formée parmi lea peuples ainsi mêlés, et c'est la religion chrétienne (fax l'a enseignée au monde. Les anciens l'ont à peine entrerne dans leurs républiques foadées sur l'esclavage. L'Evangile a appris aux hommes à s'associer volontaire^ ment et avec connaissance^ comme il convient à des êtres raisonnables. Le premier il a proclamé hautement ce que doit être la société de créatures intelligentes et libres, qui s'unissent , parce qu'elles le veulent , pour satisfaire à un intérêt commun, c'est-à^-dire pour l'acoompiissèment delà justice, et non pour Tavantage ou la gloire d'un seul ou de quelques-uns. De là les sociétés modernes qui ne font réellement que de naitre, et que la civilisation chrétienne, mélangée de paganisme ou de barbarie, a portées plusieurs siècles dans ses flancs. L'ignoble régime du bas-empire , le gouvernement violent des barbares , la tyrannie de la féodalité , le despotisme de la monarchie absolue , ont été les périodes successives de cet enfantement laborieux , et c'est dans le Nouveau-Mou* de , et sous l'inspiration de la foi chrétienne , que le premier produit en a été mis au jour. Cette nationalité consiste dans la réunion volontaire des hommes , s'associant librement pourtravailler de concert à leur bien-être général et à leur perfectionnement respectif : ce qui ne peut avoir lien, qu'en s' accordant en un point commun qui sert de centre ou de foyer; et ce point commun est la justice pour tous , c'est-à-dire la prédominance de l'intérêt public sur les intérêts particuliers. Il s'agit donc, avant
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tout, de reeonnaitre cet intérêt public , do le constater et de le poser en loi devant tous, afin qae tOBS y cmiq^iroKl par leurs efforts et s' abstiennent de ce qai loi est eonirave. La loi s'établit donc par discnssion, par délibération oommnne ; elle est sanctionnée, comme règle de Tassociation, par le consentement général , on par le vote d'un certain nombre de représentants on mandataires; et comme dans une grande multitude d'hommes il est impossible d'avoir unanimité de sentiments et de volontés. Tintérët ou l'opinion du plus grand nombre doit prévaloir, la majorité fait la loi. L'unité politique n'est possible qu'à cette condition, elle existe par la loi, et la loi est l'expression de l'intâ:^ commun, constaté par l'opimon du plus grand nombre* Plus la majorité sera considérable, plus elle s'approchera de l'unanimité , plus aussi la nationalité sera énergique, l'esprit public puissant et le peuple fortement constitué. Il n'y a qu'un moyen de parvenir à cette fin : c'est que le citoyen , qui doit à la société la garantie de ses avantages personnels, compris dans l'intérêt public , lui subordonne en retour son intérêt particulier et lui sacrifie ses vues et sa volonté propre, toutes les fois qu'il est appelé à établir la loi ou à l'exécuter. Ce qui coûte le plus dans ce cas , surtout à ceux qui ont fait partie de la minorité, c'est d'abandonner leur q^inion vaincue , et de se rallier frandiement , en dépit de leur conviction , à celle qui a prévalu, et que le vote de la ma-* jorité a revêtue do caractère sacré de la loi. Si les citoyens ne sont point capables de cette aboégalion, l'État ne pourra subsister.