‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 148 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. CHAP. VII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. CHAP. VII

La loi se réalise par le gouveriieiiient , par ud pouvoir exécutif. Ce pouvoir institué par elle et agissant en son nom, doit être respecté comme elle dans sa parole et dans ses actes. Le dtoyen doit obéir en tout ce qui lui est commandé de par la loi; il doit aider, autant qu'il le peut, à ''son aceonvpUssement. L'indifférence des citoyens sous ce rapport est toujours malheureuse et souvent coupable. La résistance n'est permise, que si la loi est ouvertement violée et l'abus de l'autorité évident. Encore le bon citoyen ne s'y résoudra-t«il c{u'après avoir épuisé tous les autres xnoyens ; et même alors , sa conscience le portera souvent à tolérer un excès de pouvoir, plutôt que d'exposer la société à de funestes perturbations.

Le respect de la loi implique le respect do pouvoir chargé de Texécater , et qui en est le délégué. Ânssi le premier deTmr du gouvernement est de se tenir strictement k la loi , et d'administrer d'après sa teneur et selon son esprit. Pour être fort, il faut qu'aux yeux du peuple ^ il paraisse identifié avec elle et n'agissant que par elle ; il doit être la loi incarnée. A ce prix seulement , il acquiert nue grande influence sur les citoyens, parce qu'il possède leur confiance et leur affieetion , parce qu'il marche dans les voies de la justice. Rien n'est plus funeste à la tranquillité et aux progrès d'une société, qu'une administration

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hostile à la loi , qui tend toujours à i'élader ou à la fans* ser, totft en paraissant raceompUr dans la forme. Cela arrive surtout quand ceux qui gouTement , dominés par on autre esprit que celui du penple, ne s'attachent point sincèrement à f ordre de choses établi , et n'acceptent point de bonne foi les conditions de leur puissance. Il y a toujours une arrière -pensée au fond de leurs discours et de leurs actes, et le peuple , qui pressent et de^ vine instinctivement ce qui le menace, s en indigne. Alors s'établit entre le gouverneoient et les dtoyens une lutte secrète y qui tourne toujours au détriment de la Im et de la société. Dans ce cas le gouvernement reste abandonné à lui-même, avec le seul secours des hommes qu'il favorise ou qu'il paie. La masse est pour le moins indifférente aux lois et aux actes du pouvoir, parce qu'il y a en die la persuasion , la prévention qu'ils expriment un in-»térêt particulier. L'opposition se grossit chaque jour, et si l'opinion populaire est de son côté , elle l'emportera tôt ou tard. Tout gouvernement en ce monde rencontre une opposition. 11 s'agit de discerner si cette oppoâtion représente l'ambition et Tintérêt de quelques hommes, ou le désir légitime et l'intérêt du plus grand nombre. L'expérience seule le montre ; car ce qui est vraiment conforme aux besoins et à l'esprit d'un peuple, prévaut à la longue et se fait jour.

Il est dans l'intérêt bien entendu de ceux qui gouvernent de respecter scrupuleusement la loi et de l'observer ponctuellement en toutes choses , la mettant toujours en avant et la suivant pas à pas. C'est ce qui sauve leur responsabilité, et sous ce point de vue les gouvernements coiis-

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