‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 153 sur 199 · PARTIE PRAUQCE. — CHAP. VII · texte numérisé non relu

PARTIE PRAUQCE. — CHAP. VII

ties dti inonde il a eu des imitateurs. Le déstntéressemenl chrétien, c'est-à-dire Vabn^ation de soi-même, de sa volonté propre, de ses passions, de son avantage,

pour la justice et pour le bien des autres, coïncide donc parfaitement avec le vrai patriotisme , qui doit préférer Vutilité commune à Tintérêt privé. Celui qui peut le plus peut le moins , et jamais le véritable chrétien ne reste en arrière en fait de sacrifices et de dévouement, dès que la chose publique le demande. Faites donc des chrétiens et vous aurez de bons citoyens.

Enfin la religion chrétienne a élargi le patriotisme en l'animant par la charité. Enseignant aux hommes qu'ils sont tous frères , enfants d'un même père , elle leur a recommandé de s'aimer les uns les autres fraternellement, quelle que soit leur origine, leur condition et leur pays. L'Évangile . qui s'est répandu jusqu'aux confins de la terre, en a rapproché les extrémités, et depuis ce temps, la civilisation s étendant toujours et s'uniformisant à mesure qu'elle avance, aspire à réconcilier tous les peuples, en reconstituant l'unité du genre humain. Le trait distinctif de la nationalité moderne , dans ses rapports avec le dehors, est d'être moins égoïste et moins exclusive, et par conséquent moins haineuse. Aujourd'hui , bien que les nations aient des caractères divers et soient encore opposées par les intérêts et séparées par des préventions, elles communiquent entre elles par tant de points et se pénètrent d'une manière si multiple dans leur existence morale et physique , que le bien de chacune , considéré largement, se trouve réellement dans le bien de toutes. La guerre est encore possible , et elle le sera tant qu'il y

496 PHiuifiorau mobalb.

aim daaaldaBS le monde; mais la goemadiaiigé cu«elèR, die n'est plos animée par la haine , et elte ne traîne pins après dk , eomme antiefns, la servitude oo rexterminatûm. L'inflnenee dirédenne a chai^ le droit des gens et les relations internationales. Un temps yieadra, nous l'espérons, où, par l'effet dn christianisme mieux senti , mienx compris et plos sincèrement pratiqué, ce qoi reste de haines nationales s'éteindra, les antipathies et les préventions populaires s'effaceront, et les différends des nations se jugeront , comme ceux des particuliers dans un état hien réglé, par la discussion libre du droit et de la justice , à laquelle présidera la charité.

Page 1