CHAPITRE VIII
Dewirs des époux*
Les devoirs que nous venons d'examiner dérivent des rapports de Thomme avec ses antécédents, avec ses supérieurs. D'autres devoirs ressortent de ses relations avec ses égaux ou ses inférieurs : relations qui> lui devenant avantageuses par ce que les autres font pour lui ^ lui imposent l'obligation de leur rendre ce qu'il en a reçu. Cette obligation - est plus exigeante à mesure que la relation est plus intime, la bienveillance dont il est l'objet plus grande 5 et les services rendus plus considérables. Au premier rang de ces devoirs sont ceux du mariage. Pour les déterminer exactement^ il faut constater d'abord ce que sont l'homme et la femme chacun en soi^ puis ce qu'ils deviennent l'un pour l'autre par leur union.
Les deux sexeé, ou les deux moitiés du genre humain^ un en nature^ forment deux espèces distinguées entre elles par des caractères propres. Les
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et leur transmet la tie par son influx bienfaisant ; il féconde les âmes, les esprits , tous les foyei^, tontes les capacités de l'existence. An plus haut degré il est le sdeil des intelligences y et répand par son rayonnement la Tie et la nourriture des esprits , et dans la sphère inférieure sa lumière , concentrée et irradiée par le soleil physique, féconde le sein de la terre et Titiûe les germes qu'il contient. L'astre dû jour accomplit à T^ard de la terre les fonctions de père et d'époux ^ il yerse côntiniieUementla Tie dans ses entraittes et y engendre cette multitude d'existences , qui se remuent dans sa profondeur et s'agitent à sa surface. Le rapport du ciel et de la terre est une sorte de mariage, où se retrouTent les caractères, les fonctions et les effets de la sexualité.
Les deux sexes, en tant que sections ou parties da genre, ont chacun des caractères génériques ; fnais ils ont aussi des caractères spécifiques , par lesquels ils se distinguent dans l'unité du genre. L'homme et la femme ont donc des traits communs et divers. Ayant l'un et l'autre les éléments constitutifs de l'humanité, l'âme , Fesprit et le corps , ils diffèrent par la proportion de ces éléments, et ainsi, bien qu'ils soient égaux en nature et aient les mêmes facultés , ils sont inégaux dans la réalité par l'excès ou le défaut de telle propriété. C'est ce qui détermine leur position respective dans le mariage. Libres et intelligents tous les deux, ils arrivent avec des droits et une certaine puissance ; mais la nature assigne i chacun sa place pac, la fonction qu'elle lui attribue dans l'acte commun , et par les moyens qu'elle lui donne pour la remplir. C'est à ce titre que Thomme est chef et com-
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maade; car il est chargé de transmettre la vie , et par cet acte important il est dans la famille le représentant da principe de la vie , son instrument on son délégué. De là dérivent Tautorité de Tbomme et la soumission de la femme. Hais pour être soumise , elle n'est point esclave ; elle reste toujours un être libre et intelligent , et ainsi il y a dégradation du caractère humain , crime de lèsehumanité, à lopprimer brutalement , ou à s*en servir comme d'une chose , comme d'un moyen d'utilité ou de plaisir. C'est cependant ce qui avait lieu dans le monde , à peu d'exceptions près, avant le christianisme. Les païens ont toujours été portés à croire l'espèce de la femme d'une nature inférieure à celle de l'homme ; ce qui donnait à ce dernier le droit naturel de la posséder et de l'employer à son service. D'où la polygamie ou au moins la facilité de la répudiation et du divorce. L'état civil des femmes a été misérable dans les anciennes monarchies de rOrient et dans les sociétés grecque et romaine. Elles n'avaient presque aucune part à la vie sociale , ne possédaient rien en propre , et restaient mineures tonte leur vie. Il en est encore ainsi chez les peuples orientaux qui ne sont pas devenus chrétiens. Chez eux il n'y a point de mariage, à proprement parler, c'est-à-dire point d'union des sexes contractée librement , et imposant à chaque partie des obligations morales. C'est un concubinage réglé par la loi civile , autorisant chaque homme sous certaines conditions à prendre autant de femmes ou de concubines qu'il en peut entretenir et garder. Un des bienfaits de l'Evangile, et ce n'est pas le moindre, c'est d'avoir affranchi et relevé la moitié du II. 33
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genre liumain asservie et dégradée par f autre; cest d'avoir rendu à la femme son titre légitime d*épouse et de mère, sa dignité d*étre intelligent et libre : et si Ton pense quelle influence les femmes ont excarcée dans le monde moderne sur la civilisation et sur les mœurs , on Terra combien Thumanité doit encore à TÉvangtle sous ce rapport. Nous lavons montré plus haut» il a apporté au monde la vraie liberté , et comme il connaît ce qu'est r homme et ce qu*il y a dans l'homme, il la lui donne toujours dans la mesure convenable et sous la forme la plus aimlogue à la faiblesse et aui besoins des personnes et du temps. En affranchissant la femme, il n a peint voulu pour cela T^ler à TfacHume dans le mariage et dans la société j il lui a prescrit la soumission et r<4)âssanee à son mari, parce qu*elle est plus faible d*es{»rit et de eorps^ çioins propre à T exercice de la puissance, et destinée à des fonctions qui entraînent la subordination. Mais il loi a laissé Tempire qu*elle tient de la nature, celui de Fattrait, de la beauté, de la grâce, qui la r^od si puissante et plus forte que la force. Il a augmenté en elle cet empire , d*une part en la rendant maltresse de se donner à qui lui plaît , d'aimer volontairement ; de Tau- Ire en Ton^uit des vertus chrétiennes qui relèvent si merveilleusement ses charmes naturels. La philosophie humaine, livrée à elle-même, détruit le plus souvent eo prétendant réformer, et va au-delà du but. Platon a dénaturé la femme dans sa république en voulant la réhabiliter. Il l'a tirée du gynécée pour la jeter dans le gymnase, comme si elle pouvait partager les travaux, les fonctions et les fatigues de l'homme. De nos jours le