‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 156 sur 199 · PARTIS PRATIQUE. — CHAP. \IÎI · texte numérisé non relu

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nus de la force attractive , ou centripète , dans le sexe masculin , résulte moins d^impressionabilité, de sentiment et de Tie intérieure.

Chaque sexe a an caractère spécifique qui détermine sa manière d'être et ses fonctions propres, en sorte que, ridée du sexe étant posée, on en déduit facilement ce que doit être l'individu. Le caractère de Tbomme, en tant que mâle ou masculin , est la puissance génératrice. C'est elle qui le fait homme, an physique et au moral, dans lexis* tence actuelle. Engendrer c'est transmettre la vie, la poser en dehors de soi dans une forme capable de la recevoir, de la nourrir et de l'organiser. Pour transmettre la vie, il faut l'avoir en excès. Le sexe qui engendre est donc distingué par la surabondance de la vie, par le besoin de la répandre, et il ne devient apte à remplir sa destination qu'à l'époque où, l'individu ayant eu lui plus de force qu'il n'en faut à sa propre conservation , le surplus peut être employé à la reproduction. Hais la vie humaine n'est pas seulement physique ou organique , elle est encore intellectuelle et morale , et la plénitude de Thomme sous ce rapport se déverse par l'activité de l'esprit et de la volonté. L'homme engendre aussi spirituellement, et quand il a en lui la vie de l'intelligence et de l'àme, il peut de^» venir père spirituel par la parole, comme il est père phy« sique par la génération. Les femmes, au contraire, ne sont point, en général, aptes à l'enseignement, bien que plusieurs soient capables de comprendre la science et d'acquérir des connaissances. Elles n'ont pas plus la faculté de transmettre la vie intellectuelle que celle de com-

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muoiquer la yie physique ; elles n'engendrent ni physiquement ni moralement. Leur fonction propre, c'est de concevoir et d'enfanter, c'est d'être mères.

L'homme, en yertu de son sexe , est toujours poussé au déTeloppement et à l'activité extérieure. Aussi a-t*il besoin de mouvemoit, d'exercice, de travail actif, soit par le corps et ses membres , quand il est peu instruit ; soit par Tesprit et ses facultés, s'il est lettré, savant ou artiste. Chose singulière et qui cependant s'explique par la connaissance des lois de la vie , ces deux espèces d'activité, physique et intellectuelle, sont ordinairement en raison inverse l'une de l'autre! Celui qui travaille, surtout par le corps , devient presque incapable des travaux de la pensée , et l'homme, qui exerce beaucoup son esprit , devient inhabile aux exercices du corps. Nous ne pouvons, en général, être occupés que d'une seule chose : une seule espèce d'activité nous absorbe et consume nos forces. Ce rapport inverse entre les deux activités se fait surtout remarquer à leur apogée, dans la génération et dans le génie, qui est aussi une sorte de génération. L'expérience constate , que les hommes les plus capables d'engendrer spirituellement sont les moins aptes à la reproduction physique, et cela, non - seulement parce qu'ils y ont moins de penchant et d'ardeur, mais encore parce que leur désir et leur vigueur s'appliquent à d'autres objets, dans une région plus élevée. C'est peut-être pour cela que les fils de l'homme de génie sont le pins souvent des hommes médiocres. Ses véritables enfants sont ses œuvres , et sa postérité , c'est sa gloire. . La force expansive, qui prédomine dans le seie mas-

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cvliti , 8e retrouve en plus dans toates les formes de son existence. L'homme l'emporte sur la femme par tout oe qui se manifeste et se pose au-dehors, par la forée. do corps, par réteadne de rintelligence, par la Tivacitë>de l'esprit, par Fimpétoosité de la voloolé. L'empire, dé rextérîear lui appartient. A loi de diriger la fomille et la société dans le monde; à lui le gouvernement et T administration ; earil est le chef né de Tassodation natOf* relie. Hais il perd en force ao^dedans ce qu'il gagne en ei-» tension an-debors , et c'est pourquoi il se lasse et s'épuise vite par l'excès de son activité. Ce qu'il y a de plus remasquableen lui, c'est lemouvement et k portée de son intet» ligence. Il aime les hauteurs d'où son regard peut em^ brasser un vaste horizon et saisir les ratq>orts les pluB éloignés; la spéculation lui plait y sa raison aime à s'exer** cer dans les abstractions et dans les systèmes, coinme son corps à se lancer dans l'espace et à s'agiter dans le monde. Quant à sa volonté , die est surtout impérieuse et vive; elle décide, impose, tranche, frappe et brise; elle porte un conp violent, suivant que la passion la pousse; mais, comme toute violence, elle ne dure poipt, et le relâchement est en raison de l'effort. EUe va par sauts, par saccades , par boutades , elle renv^ne tout ou ne fait rien. Cependant la vie, qui se jette si fadlement au-dehors, faiblit an-dedans , et la sensibilité intime est moins intense et peu profonde. L'homme en général est moins propi^ à la vie intérieure , à la vie de l'âme; il habite dans son entendement par la réflexion , dans sa tète par la pensée , plus que dans son cœur par le seiiti«ment et le rec^eillemeot. Aussi, pour arriver à cette vie

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da dedans où la passivité prépondère, il Ini faut un grand travail sur lui-même et de longs efforts qui domptent son activité naturelle.

Cette tendance de Thomme au-debors naît en loi du désir d*ane forme , où il puisse se poser, fixer son es<« prit inquiet , et se compléter. L'homme a pins besoin de la femme que la femme de Thomme ; car celle-ci , por^ tée naturellement à reyenir snr elle-màne et à s'y cou** eentrer, se tient plus facilement en elle et tronye da re^ pos et de la fixité dans son centre. Le mâle, au contraire, est comme un esprit Yolatil , un gaz, un fluide aériforme, tonjours flottant et agité, jusqu'à ce qu'il rencontre une base qui le reçoive. De là le pendiant instinctif qui Fen^ traîne vers l'antre sexe , et la préférence qu'il donne à la société de la femme. Il trouve en elle de la réceptiTité, de la douceur, de la soumission , quelque chose d'attrayant et de patient qui le charme, le captive, adoucit son esprit sauvage et règle sa volonté vagabonde. Il importe beaucoup à la civilisation que les femmes aient de Tinfluence sur la société , et c'est dans les pays où cette influence a le plus de pouvoir, qu'il y a aussi plus de bienveillance, plus de moralité, plus de religion , en un mot pins d'humanité. Les hommes qui vivent continuellement entre eux, restent rodes , grossiers , durs , toujours prêts à se repousser ou à combattre. Par le commerce avec les femmes, ils sont calmés , maintenus, disciplinés. La force morale de la douceur et de la beauté domine la force brutale du corps, ou amollit la raideur logique de la raison ; elle les apprivoise par la résistance passive qu'elle leur oppose et qui use la violence , et surtout par cet

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