‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 157 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — CHAP. VIII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — CHAP. VIII

empire mystérieux que la femme prend à la longue sur rhomme au moyen de la grâce , de l'affection et de sa faiblefse même.

La femme a la capacité de concevoir, c*est-àdire, de recevoir la vie en elle et de lui donner une forme déterminée. Elle est donc surtout femme par l'excès de la force attractive, opposée à la surabondance de la force expansive de l'homme. Les caractères spécifiques du sexe féminin sont l'attraction et la passivité. De là le mode particulier de son développement. Sa volonté plus profonde et plus tenace tend à se faire centre partout où elle se pose ; sa sensibilité plus intime et plus vive lui donne des jouissances et des peines inconnues à l'autre sexe. Son intelligence moins forte, moins étendue est en raison inverse de sa sensibilité. La femme sent mieux ce qui se passe en elle, qu'elle ne sait ce qui existe hors d'elle. Son corps, plus faible et plus délicat, est aussi plus harmonieux dans ses proportions, plus arrondi dans ses formes, plus doux et plus gracieux dans ses mouvements.

La force attractive , qui douane chez la femme , déter-» mine sa manière d*ètre et caractérise toute sa personne. La fonction spécifique du sexe féminin est de concevoir et d'enfanter, c* est-à-dire de recevoir la vie en soi et de

à 10 nuuMomis moméisE.

loi donner onefonne. Le tcnne qoi conçoit est surtout passif, et pir eonséqocnt sownîs à l'actif . Eo ce qoi coucerne la fonction commone y Tactif a rinitiatiTe; mais il est attiré, captivé par le passif, el la TÎe qa*il loi comiiianiqne s'y fiie et s'y dérdoppe. La femme est donc la base on le coitre de la fiunille, comme Thomme en est la tèle on le chef. En die sont les germes de la reprodoction; c'est dans son sein que la génâiition s'opère , qae l'enfantement a lieu : c'est encore à son sein qne le dou* Tean^né s'attaelie d'abord, et dans ses bras qn'il commence à vivre.

Ce caractère spécifique dn sexe se reproduit dans tout ce qu'elle est, et dans tout ce qu'elle Mt. Ainsi son âme, qui est de la même nature que celle de l'homme, vit néanmoins très-diffâremment. Elle est plus portée à se concentrer qu'à se manifester ; les impressions lai entrent plus avant, elle s'y compisdt et s'y enfooce. Tandis que l'homme est prêt à réagir au moindre sentiment qu'il éprouve, la femme s'en laisse pénétrer ; elle permet pour ainsi dire au dard de descendre jusqu'au fond. Aussi sent-elle plus intimement, plus délicatement, parce qu'elle reste plus passive sous l'influence. Elle jouit et souffre davantage ; car jouir et souffrir , c'est sentir. Sa volonté est en raison de ce qu'elle sent et de la manière dont elle sent. Elle n'est point brusque, emportée, violente , tranchante ; elle a de la peine à se poser décidément au dehors, et quand elle le fait, c'est par une saillie qui ne convient point à sa nature, ni à sa position , et qui diminue son véritable ascendant, celui de la douceur et de l'attrait. Mais sa volonté a d'autant plus d'intmsité qu'elle

Page 1