PARTIE PRATIQUE. -^ CHÀP. VIII
prend moins d'extension. Bamassée pour ainsi dire en eUe-mème , elle plie devant la violence , et ne cède pas. Elle rentre en elle à la moindre opposition , au moindre arrêt, mais pour se consolider, et elle en ressort plus vivaee et plus folle à la première occasion ; et cela, sans se lasser ni se déoooràger, însqo'è ee qa^elle atteigne son but. Sa constance fait sa force vis-à-vis de rbomme, dont la voloaté impétueuse éclate et se brise , conime un tor«* rent qui passe; il ne faut qu*att«idre un peu, et les dioses reprennent leur cours. La femme le sait par instinct ou par réflexion , elle en profité et parfois en abuse. Sa patience, sa persévérance, saréngBation met* tent de la suite et de la solidité dans les affairas de la communauté. Autant elle est peu propre au gouverne* ment du dehors, autant elle convient à la direction du dedans. L'homme commande à rexlérieur et elle dirige rhomme sans qu'il le sache, en lui faisant vouloir ce qu'elle veut , en lui persuadant ce qu'il doit faire. Le faible mène souvent le fort, ou plutôt la force morale domine la force physique, et rhomme, le dominateur du monde, est laplupi»rt du temps rinstrument de la femme, qui lui est soumise.
Par sa passivité , la femme est aussi plus capable de supporter la souffrance et surtout la douleur longue et tenace. En général dons les malheurs de la famille elle montre plus de force d'âme que l'homme et trouve plus de ressources. £Ue devient vraim^t l'aide de son mari, comme dit la Genèse : elle le soutient et le rdève par sa parole et son exemple.
ftl2 PUTLOSOPHIB MORALE.
Cette pente vers le dedans qui la caractérise, lui donne aussi pins d'aptitude à la vie intérieure, plus de goût pour la vie religieuse. Autant lliomme l'emporte par la contemplation intelligible, par ks idées sublimes, fruits du commerce de son esprit arec le ciel , autant la femme prévaut par le sens du diTin , par la communication mystérieuse du cœur avec Dieu dans le sentiment le plus profond : si donc elle n^a pas Télan dé la spécalation et la magnificence de la science , elle éprouve les jouissances ineffables de l'âme à un plus haut degré; elle connaît mieux le tressaillement de la vie. Tout tourne en pensée et ea connaissance dans l'homme ; tout tourne en sentiment et en substance dans les femmes. La piété a surtout son sanctuaire dans leur cœur. En elles se conserve le feu sacré descendu d'en haut , et c'est de là qu'il sort mystérieusement, quand il doit brûler dans le monde et y rallumer le zèle des hommes.
Cependant l'attraction a aussi son excès, la concentration. La femme y est plus portée par sa nature. L'égoïsme lui est plus naturel qu'à l'homme, et il est en elle plus profond et plus ardent. Elle est plus disposée à tont rapporter à elle, à attirer tout à son centre, et cela sans qu'il y paraisse, avec4*use, parce qu'elle est faible. De là, dans le commerce des sexes , sa coquetterie innée, qui est , sous une forme ou sous une autre, le désir d'occuper d'elle à l'exclusion de tout le reste. Quand la femme est niauTaise , elle l'est avec excès ; elle devient plus méchante que l'homme ; car elle attire plus puissamment le mal, et l'absorbe plus profondément. Mais, si elle se donne au