‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 159 sur 199 · PARTIE . PRATIQUE. — GHAP. VIII · texte numérisé non relu

PARTIE . PRATIQUE. — GHAP. VIII

bien , elle Tattire aussi plus énergiqnemcnt ; elle se l'assimile davantage , et elle en devient le réservoir et le canal pour tout ce qui rapproche.

La femme est inférieure à rbomme par Tinteltigence^ et surtout par la raison. Son attention étant presque tou^ jours fixée sur elle-ménie et sur ce qui sç rapporte à elle, elle ne peut guère étendre son regard dans un vaste horizon ; elle n*a point de goût pour les choses abstraites , elle est peu capable de saisir des rapports généraui. Les spécnlations et les théories ne lui vont pas , et d'ailleurs, ne pouvant guère en parler, puisqu'elle n'est point faite pour renseignement, elle a bien moins d'intérêt que l'homme à s'en occuper. Mais si elle exerce peu ses facultés intellectuelles, cela ne veut pas dire qu'elle juge moins bien que l'homme en tout ce qui la touche, dans les choses qui l'intéressent, elle et ceux qu elle aime. Elle discerne merveilleusement ce qui lui convient, et le plus souvent l'impression qu'elle éprouve, la guide mieux que la réflexion. Aussi est-elle très-bon juge en affaires de goût, de sentiment et de convenances, là surtout oii il faut peu de science acquise et plus de sensibilité , d'imagination et de tact. Elle a en général plus de bon sens, parce qu'elle a moins d'instruction; elle vit plus avec la nature et les faits qu'avec les livres et les opinions humaines , de là la simplicité et la vérité de sa manière de voir. Molière lisait ses pièces à sa servante avant de les livrera la scène, et il estimait, parles impressions de cette femme ignorante, la justesse de ses observations, Tà-propos du ridieule, et la fidélité de ses portraits. La femme, non préoccupée par la passion ou par l'intérât ,

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eat souvenl d'un excellent conseil. Jj^le juge sainement parce quelle TOit simplemeot ; elle jc^ TÎte, parée qu elle sent yiYement et raisonne peu.

Enfin , le corps de la femme est dans sa conformation Teipresaion symbolique du caractère de son sexe. La force attractive y domine partout, et le déTcloppemeat organique, sans cesse ramené au dedans et replié sur lui-même , affecte la ligne courbe et tend à la sphère.

Tels les deux sexes considérés isolément, tels ils sont l'un pour l'autre dans leur union , où la nature détermine la part et la fonction de chacun. Cette union, étant à la fois physique et morale, doit être formée librement par les deux parties et avec la connaissance de son but et de ses conditions. Gomme le mariage est le fondement de la famille et par conséquent de la société, et qu'en outre il change notablement l'état des personnes, la loi civile le garantit, en prenant acte du consentement libre des époux, en sanctionnant le contrat par son autorité. La religion le consacre en tant qu'acte moral ; elle le ratifie et le scelle par la bénédiction de Dieu , pris à témoin de l'engagement réciproque.

Ce qui distingue le mariage du concubinage ou de r union charnelle, c'est que les deux conjoints ne le sont pas seulement par la chair, mais aussi par un pacte

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iMorai qai les engage Faa envers rantre^ comme il convient à des êtres raisonnables , se liant par des obligations mutuelles^ ei consentant au bnt de leur union qui est la formation de la famille et F éducation des enfants. Les bommes ne doirent point s'unir comme les animaux. La liberté doit présider à cet acte important. Le consentement libre est nécessaire , et il sera d'autant plus libre que l'instinct sexuel, l'entrainement des sens, l'^xal* tation de l'imagination et l'aveuglement de la passion y auront moins de part; car toutes ces choses entravent la liberté humaine. Il faut en outre que le consentement soit dcmné avec connaissance de cause, chaque partie sachant ce à quoi elle s'engage, et ce qui peut ressortir de l'acte qu'elle pose. C'est une forte raison pour ne point s^engager trop jeune dans un état dont on ne peut encore apprécier l'importance ni peser toutes les suites. Au sortir de r adolescence, dans la première jeunesse, la partie sensible a trop d'empire. Les attachements se forment sous l'influence du sexe et de l'instinct naturel , par les sympathies organiques et dlmagination , plus que par une appréciation exacte des personnes et des choses. La volonté n'est donc point suffisamment éclairée, et la plupart da temps son adhésion est le résultat de l'entraînement et presque de la surprise. C'est pourquoi les mariages formés de cette manière ont en général peu de bonheur. On commence à se connaître quand on ne peut plus se séparer, et le prestige de la passion , qui se décolore par la possession et s use par l'habitude, laisse à découvert, en tombant, des vices, des faiblesses, des ridicules voi-

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lés jusque là, ou même traosfigarés par rilkuûon du

cœur.

Le mariage étant un des actes les plus importants de la \ie humaine , la société, qui doit régler les relations de ses membres, conformément à la jostice et dans l'intérêt de leur bien-être et de sa oonsertation, préside au contrat par un officier public qui le met en harmonie avec la loi; et en outre elle reçoit rengagement des parties et garantit leur consentement. Il lui importe essentiellement que les mariages soient solidement contractés, et respectés scrupuleusement, parce qu'elle a sa base dans la famille, fruit du mariage, et que si la famille est en désordre, TEtat s'en ressentira bientôt. Puis Thonnéur, la fortune et le bien-être des personnes dépendent de la fidélité des engagements, et surtout du mariage, où laYenir des enfants se trouve intéressé. L'État prend donc toutes ses sûretés , par les formes légales qu'il impose ; il ne reconnaît comme légitimes, que les unions sanctionnées par lui; il ne protège que celles-là, et aucune autre ne constitue de droit à ses yeux , ni pour ceux qui la contractent , ni pour les enfants qui peuvent en sortir.

Cependant la ratification sociale ne satisfait point à toutes les exigences du cœur de Thomme dans un engagement aussi solennel. Il a besoin d'une sanction plus haute, qui ne soit pas seulement une garantie de stabilité devant les hommes , mais qui, en imprimant au ecmtrat un sceau divin , devienne pour les époux et leurs enfants une source de bénédiction et un gage de bonheur. Dans toutes les circonstances graves de sa vie , là on il

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