‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 160 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — CHAP. VIII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — CHAP. VIII

faut dira une parole ou aooomplir un aete qui décide de son existence, T homme sent plas vivement sa fai^ blesse, le besoin d'un secours a^opérieur, et il est porté à l'invoquer. Ches tous les peuples , quand il s'agit de faire un traité, on prend la divinité à témoin, et l'on contracte en son nom. Le mariage est certainement le traité le plus important que deux individus puissent former entre eux, et c'est pourquoi dans tons les temps el dans tous les pays civilisés, outre l'acte civil qui ressort de la société , il y a un acte religieux fait en présence de Dieu ; en sorte que les volontés sont liées à la fois par la loi divine et par la loi humaine. La confirmation religieuse de rengagement loi donne une solidité surnaturelle : car elle y mêle un élément divin , que les volontés individuelles ni les lois civiles ne peuvent plus détruire. Le nom de Dieu, invoqué par Fhomme et la femme, intervient dans leur union et la pénètre de sa vertu. Dieu n'est point seulement le témoin et le garant de leur promesse ; il devient encore le lien de leur contrat, et ce lien est indissoluble , parce que l'homme ne peut séparer ce que Dieu a uni.

Les époux, se donnant l'uii à l'autre par le ma-> nage, se lient et se doivent l'un à l'autre en tout ce qui se rapporte à la fin de leur union. Us seront àeixx dans une même chair selon Fénergique expression de la Grenése, et autant qu'il est possible , dans un même esprit, dans une même volonté. Leur n. 34

5t8 PlIlLOSOPHIE ItOEALB.

premier devoir est donc de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre leur union plus intime^ et à cet effet de se soutenir et de s'aider réciproquement, afin que chaque partie, suppléant p^r son plus au moins de lautre > elles se completteiit par leur rapprochement; ce qui n'aura lieu, aue si chaque sexe reste dans la position que sa ùatùre lui assigne , et accomplit uniquement ce qu'elle lui prescrite

Le devoir commun aux deux époux, c'est de chercher à s* unir étroitement, et pour cela de se faire des concessions réciproques, et de s'assister mutuellement» afin d'établir entre eux une harmonie profonde et une continuelle solidarités Chacun des deux termes reste individuellement ce qu'il est dans l'union commune. En tant que personne , il a sa volonté , son esprit , sa conscience, sa manière d'être , de voir et de sentir. En outre, le caractère de chacun dépend en grande partie de son sexe , de sa constitution, de sa position, de son éducation, et de toutes les circonstances qui ont concouru à former son individualités Ce sont donc deux mot en face l'un de l'autre , et dont chacun est un opposant , ou un nonmoi , pour l'autre , quelque cher qu'il puisse lui être d'ailleurs. Cette distinctiou, cette opposition subsiste même dans le rapprochement le plus intime. Il n'y aura jamais fusion complette, unité parfaite, identité $ il y aurait alors destruction de l'une des deux personnes, par son absorption dans l'autre, ce qui est impossible.

L'union du mariage ne peut donc être qu'un accord,

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