‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 16 sur 199 · PARTIE THEORIQUC. — CHAP. I · texte numérisé non relu

PARTIE THEORIQUC. — CHAP. I

laisser pénétier Taclioa de Dieu. Que la parole divine purifie 9 redresse et sanelionoe la parole taumaiae , qui n'a point de force pour changer les cœurs et les ramener àla Yie da ciel ; que T éducation religieuse anime le dé* veloppement intellectuel* lie peuple ne sera jamais trop édairé s'il e^t bon, s'il est chrétien ; et quand il sentira et aimera ses devoirs , quand il saura ce qu'il doit à Diea et à son prochain et voudra Taccomplir , quand son âme sera mise en rapport avec Dieu , observera sa parole , respectera sa loi , craindra sa puissance , espérera en sa bonté, vous aurez la plus solide garantie de la moralité publique et privée/M ais en exerçant l'esprit sans former le ccfenr, en communiquant l'instraetion sans donner de la religion , vous mettez à la main du peuple un iostromeut dangereux dont il abusera certainement -y etqa'il totimera d'abord contre le pouvoir imprudent qui l'en a armé.

D'aatres sont allés chercher [dus Bas le remède à la mi*sère et à l'immoralité du peuple ; ils ont pensé que c'est sQrtout la pauvreté qui le dégrade , et qu'en lui donnant plas d'aisance on lui donnerait plus de vertu. On s'est done sortoat attaché à améliorer la vie matérielle de l'homme. On a voulu qu'il fût mieux logé, mieux vêtu, Jttieux nourri. On a cru rendre un grand service au peu* pie en produisant à bas prix les choses de première né^ <*8sité, et même de luxe, pour les mettre à la portée de ses besoins ; les fabriques se sont multipliées sans B»e8ure, et la production n'a plus connu de limites. Le pauvre en effet a pu acheter plus d'objets , mais en lui donnant le nécessaire on lui a inspiré le goût du su-

perfla, bien plus exigeant que le nécessaire ; le luxe a envahi les chaumières comme les palais. Maintenant le bon marché ruine le peuple en excitant sa convoitise ; il désire tout ce qu on lui a fait connaître ; il est devenu plus avide et moins simple , et on ne Fa rendu en effet i>i plus honnête ni plus heureux.

Telle est la loi-prindpe, dont il faut avoir la con^ science et la science pour comprendre Tétat actuel de l'homme^ sa dégradation et les moyens de sa réhabilitation. Cette loi suprême de la vie^ expression la plus pure de la volonté souveraine et source de toutes les autres lois, est la loi de Vanwur, qui régit Tunivers et qui , une et universelle dans son principe, devient générale , particulière et ainsi diverse dans ses conséquences, suivant le rang de la créature à laquelle elle s'applique et qui Vaccomplil* Au degré le plus bas, c'est la loi de la chair ou de Tamour charnel, la loi de l'individu qui vit et se meut dans l'espace. Au second degré, c'est la loi de l'esprit^ de l'être raisonnable ou de l'homme social, qui vit et pense dans le temps. Au degré le plus élevé, c'est la loi de lame, de 1 humanili pure , qui déjà ici-bas peut vivre de la vie de lé* ternité : c'est la charité, ou l'amour au-dessus d^ l'espace et du temps.

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