‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 17 sur 199 · PARTIE THÉORIQnE. — CHAP. I. 6l · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQnE. — CHAP. I. 6l

Noos ne pouvons comprendre rhomme aetuel sans connaître sa loi fondamentale et comment cette loi s'ap* pliqne à toutes les parties de son existence ; car la connaissance de sa loi nons indique ce qu'il doit être et nous fait juger ce qu*il est. Elle nous montre ce que la volonté souveraine , dont il dépend , vent pour sa perfection et son bonheur, et comment la volonté humaine s est mise en opposition avec la volonté divine. Ainsi s'expliqae la décadence de Thomme, le mal ou la maladie dont il souffre maintenant, et par conséquent la nature du remède qui peut le guérir. Tant qu'il n*a point conscience de cette loi-principe de son être, tant qu'il ne la sent pas en lui , vivante et obligatoire , il ne sait vraiment ce qu'il est, ce qu'il dmt devenir, ce qu'il foit et doit faire, d'où il vient , où il va ; il s'ignore complètement lui et ce qui l'entoure. Son esprit n'a pas plus de direction que sa volonté n'a de règle ; perdu au milieu da monde et dans la multiplicité de ses pensées, il est le jouet de l'espace et du temps.

Cette loi, qui est la vie elle-même en acte^ ne se laisse point réduire en formule ni rédiger en articles. EUe^t esprit, et la lettre ne peut jamais l'exprimer tout entière. Gomme Dieu , elle est partout et nulle part ; il ' est impossible de lui assigner un lieu dans l'espace, un point dans le temps, elle remplit tous les espaces et tous les temps. Gomme l'àme anime le corps , est présente à tous les organes, sans qu'aucun lui serve de siège exclusif, ainsi la loi universelle vérifie tous les êtres et ne se localise dans aucun. On la sent partout , et on ne la saisit nulle part. C'est le caractère de l'action divine d'éebap-

per par son infinité à la prise de nos sens, de notre pmsoe et surtout à la restriction et à la petitesse de nos formoies G*est pourquoi tout ce qui yieai de Dieu est indéfinissable. Les <Buvres de Thomme , au contraire, sont toujours déterminées par la réflexion de son esprit , et il est facile d'en assigner les limites. G*est ce qat distingt» les lois vraiment naturelles de cettes qu*établit la pensée humaine. Ces dernières . sont abstraites, rédigées avec prudence et méthode ; mais une fois enfermées dans la lettre, elles sont, comme cell&-ci , sans vie et sans poissance, elles s'observent d' autant moins qu'elles ont été plus discutées et commentées. Les autres sont plus sen* ties que connues ; elles existent dans les croyances, dans la foi, dans l'amour des penples plus que dans la «eiaice ; elles sont identifiées avec les moeurs , avec les actes, avec la vie, et elles s'accomplissent spontanément comme les conditions mêmes de rexistence. Les nations tes mieux constituées sont celles qui n'ont pas de constitution , ou du moins qui ne peuvent pas dire précisément en quoi elle consiste et où elle se trouve. Leur charte n'est point sur le papier , mais dans le cœar de «faaoun , dans la conscience de tous. Il en va ainsi de toute association. Elle est forte, vivante, tant qu'elle ne se réglemente pas ; car l'esprit qui l'a fondée , suffit à la maintenir et à la conserver. Quand on écrit les règles , c'est que l'esprit défaille , et alors on sent le besoin de suppléer par une discipline extérieure au mouvement, «pontané des volontés. i

Au-dessus, ou plutôt au fond de toutes les lois natu* relies et humaines, se trouve donc la loi une et universelle

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