PARTIE PRATIQUE. — CHAP. VIII
et humaines de la dominer et de la diriger^ elle s'engage à n'être qu'à lui , et elle promet de lui obéir. Elle lui doit soumission, en retour de sa protection et de son soutien ; elle ne peut rien faire qui intéresse la communauté sand son consentement. L'homme est son chef naturel^ vir caput mulieris . Elle suit la condition de son époux.
L'autorité du mari ressort de la puissance de son sexe et de son rapport avec la femme : elle n'a rien d'arbitraire ni de GonT^itionnel. Doué d'un organisme plus Tigoureui et d'une raison plus ferme , poussé par sa nature même aux choses extérieures et plus capable de les comprendre et de les diriger^ le gouTernement ostensible de la famille lui rerient , le commandement lui appartient. Mais à ce poUYoir est associé, souvent opposé, un pouvoir occulte et féminin. L'homme pose sa volonté au dehors, dans tout ce qui l'entoure ; la femme pose sa volonté dans la volonté de l'homme, et il fait le plus souvent ce qu'elle désire. Il lui commande ce qu'elle veut : voilà son empire à elle, et il est d'autant plus assuré qu'il paraît moins^ La place de la femme est dans l'intérieur de la maison ; là elle vaut tout son prix et jouit de ses véritaMes avantages. Elle n^est point née pour gouverner la famille, encore moins la société. La loi salique , qui exclut les femmes de la succession au trône , est à la fois conforme à la na^ turc et à la raison. Il y a de l'abaissement pour une nation à être dominée par une femme ; car il est difficile que le pouvoir soit digne, avec toutes les vicissitudes, les infirmités et les caprices du sexe.
522 PJUlliOSOPHlS MORALE.
Dans l'exercice de soii autorité , le mari doit, autant qu il est possible , être d*accord avec la femme et n'agir, au moins dans les choses graves, qu'avec son consentement; car il doit à ce consentement le pouvoir dont il est investi dans la communauté , et la femme, pour s'être donnée à lui , n'a aliéné ni sa raison ni sa liberté, n est donc convenable de la consulter, puisqu'elle est une personne morale y volontairement associée , et qui a le droit de donner son avis dans les affaires de l'association.
Par cda qu'il est revâtu du commandement et chai^ des soins du dehors , l'homme doit prot^er la femme et pdaryoir h sa subsistance. Elle est absorbée par les soins du dedans, par l'économie domestique , par l'enfantement, l'allaitemept et l'éducation des enfants en bas-âge. Le mari lui fournit de quoi alimenter la famiUe , et quand chacun est à sa {dace , et s'acquitte de ses obligations , ils sont nécessaires l'un à l'autre et doublent leurs forces et leur bien-être mutuel en accomplissant leur devoir.
Dans leurs relations intimes, l'homme, qui est le plus fort, doit à la femme non-seulement la justice, comme à tous ses semblables , mais encore un certain respect de sa dignité, des égards pour sa faiblesse, et cela parce qu'elle lui est livrée sans défense , et qu'il lui est plus facile de l'opprimer. Cette générosité du fort envers le faible , des hommes envers les femn^es, que les païens ne connaissaient point, et qui 9 produit la galanterie moderne, est une application de T esprit chrétien : c'est conune la politesse , une forme mondaine de la charité évangéUque. La parole de Jésus-Christ commande de secourir les malheureux , de protéger les faibles , de venir en aide aux