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opprimés , comme elle ordonne de faire passer les autres devant soi , d*ètre lenr serviteur, de les prévenir de toutes manières et par des marques d* honneur. Dans les langues païennes y celui qui parle se met toujours en avant. Dans le langage chrétien , qui est le fond des langues modernes, le contraire a lieu, et la première personne arrive la dernière. Ces usages populaires sont caractéristiques y et dénotent l'esprit de la civilisation. Ils sont communs à toutes les sociétés chrétiennes. On n'en troure point de traces chez celles qui ne le sont pas. Là, bien qu'il puisse y avoir de la bonté naturelle et de l'équité, on ne connaît pas plus la charité que la {iolitësse , et il y a si peu de générosité pour le sexe, que les femmes sont à peine considérées comme des êtres humains ; les hommes croiraient se déshonorer en vivant avec elles snr le pied de l'égalité. Par le mariage chrétien seulement le devoir spécial de la femme se ramène à un seul point , soumission à son mari et soumission a lui seul, en ce qui concerne les choses du mariage. Elle s'est donnée à lui, et, saiif ce qu'elle doit à Dieu, elle ne doit vivre que pour lui. Elle s'est mise en sa puissance, et elle doit lui obéir ; mais cette obéissance ne peut être celle d'une esclave ni d'une créature sans raison. Elle exige seulement que, dans le cas de dissentiment, la femme suive la pensée de rhomme , se conforme à sa manière de voir , et exécate sa volonté; car il faut de l'unité dans l'association. Tonte maison divisée tombera. C'est pourquoi la femme mariée ne peut contracter civilement en son nom , tant qu'elle est en puissance de mari. Elle est mineure devant la loi ; son mari est son tuteur naturel, parce qu'il
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est son chef natui»l, et c*est loi qui la représente dans rÉtat. Aussi la loi civile doit toujours tendre à resserrer le lien conjugal , tout en respectant les droits de Tépouse, et le régime le plus conforme à la nature et à la fin du mariage est celui de la communauté. Les intérêts de famUIe et de fortune entrdnrat quelquefois des oonditiens différentes, mais c'est toujours au préjudice de FanioB morale des époux. La femme n*est point faite pour Tindépendance. En général elle ne la supporte pas ; et quand dans Tétat conjugal, elle a su réserver sa fortune ou la gestion séparée de ses biens, c'est une tentation pour elle de secouer l'obéissance , de refuser la soumission , par conséquent de sortir de sa place et de manquer à ses devoirs. Us seront deui dans une mtoie chair, a dit la parole divine ; et le mari est le chef de la communauté chamelle et de tout ce qui en ressort/L'époose est donc liée à répoux , tant qu'il est vivant , et la mort seule peut l'affranchir. Elle doit suivre la condition de son mari , partout et en toutes choses , sauf les cas où son existence, M moralité ou sa dignité seraient compromises pu* la vie commune,
La vertu provenant de raccomplissement habi-* tuel des devoirs du mariage , s'appelle fidélité conjure. Elle est la garantie de rintégritë, de rhonaeur et du bonheur de la famille. L'afiBection mutuelle des époux ^ et surtout Testime qu'ils peu-
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vent concevoir l'un pour l'autre^ les aident puissamment ^ remplir leurs devoirs respectifs^ dont Tobligation ne dépend ni de la disposition des cœurs ni des circonstances. Ces devoirs sont d'autant plus diiBciles, qu'ils sont de tous les instants^ dans la vie commune , où les volontés des époux, toujours distinctes malgi^é leur union^ ont souvent roccasion de se heurter.
Le mariage n'est parfiiitement intègre que si les deux parties données Fane à Taatre vivent exclasivement dans leur rapport réciproque , comme le veut leur engagement. Bien ne doit s'interposer entre les époux ; car ils sont les deux moitiés d'un même toot, et chaque moitié ne peut se compléter légitimement que par Tautre. De là la vie intime et secrète du mariage, la pudeur et la discrétion conjugales. Quand les époux ont des peines, et il y en a toujours, c'est l'un dans l'autre qu'ils doivent diereker d'abord des consolations ; et s'ils n'en trouvent point dans lenr affection mutuelle , la religion, qui domine toutes les positions et a des remèdes pour tons les maux , leur offre ses conseils et ses secours , les seuls efâeaoes dans les grandes afflictions du cœur. Il est toujours dangereux poor les époux, et surtout pour la femme, de chercher au dehors des consolations aux chagrins domestiques; car ces consolations sont rare* ment désintéressées ; les plus innocentes compromettent pins qu'elles ne servent , et le mal s'aggrave souvent par le remède.
Le narii^ n*est tout ce qu'il doit être que ptr omnmuiiaiilé exdasiTe et sans mélange. De là rfaonnenr et la dignité de cet état : l'honneor, quand il reste por, non souiUé par une influence étrangère; la dignité, quand les époux se conduisent comme il couYient à des créatures raisonnables, se respectant mutueUement, se faisant des prévenances et des concessions «réciproqnes , et portant ayec patience, avec résignation, et sur* tout en silence , les tribulations inévitables de leur position. En toutes ces choses se montre la vertu conjugale, ou Taccomplissement fidèle de la promesse, parlaqndk ils se sont donnés l'un à l'autre. De cette promesse déri* vent leurs devoirs spéciaux , leurs obligations d'époux et l'état moral du mariage. Avant l'union les personnes sont libres de contracter ; mais une fois le pacte formé, elles ne sont plus libres de le rompre, au moins sans immoralitét Ici rien ne peut prescrire contre la force des engagements, quelque onéreux qu'ils soient. La justice est indépendante de la disposition du cœur ; elle ne varie point avec les affections. Le cœur de Ihomme est inconstant et faible, et si ses obligations ressortaient de ses goûts , elles changeraient sans cesse et la famille serait toujours en question.
Ainsi la justice avant tout , la fidélité aux engagonaits par dessus tout, et quels que soient les inconvénients i subir et les peines à supporter , quand la conscience est sauve , le mal n'est jamais sans remède et le secours ne manquera pas. Ce qui est vrai de l'affection l'est aussi de l'estime. Il est triste sans doute d'être uni h une personne qu'on estime peu ou qu'on ne peut estimer -, mais la mer
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sure du devoir a'est point dans le mérite de la personne à laquelle il s'applique. Le principe de l'obligation morale est dans la justice, et elle doit être accomplie, quand on s'y est engagé , même envers ceux qui la négligent ou la violent. Le désordre d'un époux n'autorise point celui de rnatrCi le crime n'excuse pas le crime. La véritable vertu, je dirai presque l'héroïsme du mariage, se montre quand l'époux maltraité , outragé dans ses droits et sa dignité, fidèle à ce qu'il a promis et respectant ses enga* gements, absorbe l'injure dans, la patience cbrétienne et rend le bien pour le mal.
Par ce côté ressort Tutilité morale du mariage , et conunent il peut concourir au perfectionnement des individus et de l'humanité. La volonté de l'homme est active et portée au désordre. Entraînée par la concupiscence, excitée par mille tentations, si rien ne la retient, si la loi ne lui met un frein , elle s'abandonne h tous les excès et se perd par la licence. Quand deux volontés sont liées par un engagement immuable , force leur est de s'accommoder, de s'user l'une par l'autre en se balançant et se nentralitont. Ainsi seulement la plupart des hommes peuvent rester en société. Leur volonté sauvage, brisée par la nécessité , est maintenue par la justice. Ils sont obligés par leur position d'apprendre la patience et de pratiquer le renoncement ; ils tolèrent les autres pour qu'on les tolère, ils pardonnent parce qu'ils (mt besoin de par* don. Après s'être souvent heurtées, les volontés s'émonssent par le frottement ; elles parviennent à se toucher sans se blesser : elleé se supportent d'abord, s'arrangent ensuite , et l'ordre finit par s'établir. Chaque
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^ékmtéj ainsi oeeopée dans la funiDe, s'épuise dans cette lutte de toos les instants, et, dereoant plus calne, pins modérée par Texpérienoe, die se forme peu à peu à réqnité, à la charité et conçoit le désir de la paix.
Le mariage est donc une excellente discipline, et c'est nn de ses principaux avantages. Mais il n'a cet effet, qae s*il est Traiment nne nnion morale , c'est-à-dire un contrat entre denx êtres libres qni se maintiennent F nn par l'antre, et se balancent en s'nnissant. Si Fnn des denx est esclave , il n'est plus qu'un instrument d'intérêt ou de plaisir , et il ne peut y avoir entre eux ni dignité, ni garantie. L'antre partie est un maître qui use et abuse de sa propriété. Le Christianisme, en relevant la femme, a réhabilité le mariage. Il l'a ramené à sa véritable fin, qui est, outre la propagation et le développement physique du genre humain, l'amélioration des deux sexes Ton par l'autre. De cette manière le mariage concourt aussi pour sa part au progrès moral et à la restauration de l'humanité , et c'est pourquoi il a été élevé à la dignité de sacrement dans FËglise chrétienne.
L'acte le plus contraire à la nature et à la fin du mariage est la violation de la fc» conjugale par Tadultère. En lui-même Vadultère est aussi criminel diez l'homme que chez la femme; car des deux côtés il y a injustice , manque de foi , rupture du licii< commun. Par ses conséquenct^s ce crime est