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plus grave chez la fepiiQe. L'adultère est la ruine de la famille et de la société. Il existe , dés que l'un des époux porte ailleurs l'affection^ les soins et l'attachement qu'il doit à l'autre. Il y a adultère mor rai , comme il y a adultère physique.
L'adultère est contraire à la nature du mariage, parce qu'il rompt Fonion en introduisant un tiers entre les deux parties. L'affection de l'un des époux se portant au dehors, et la possession de sa personne n'étant plus exclusivement réservée à l'autre, ils ne sont plus deux dans une même chair ; ils ne sont plus unis , comme ils devraient l'être par le corps et par l'âme. La fin du mariage en est altérée , comme sa nature ; car la génération est faussée et la famille est compromise par le développement mélangé de la race.
En principe, l'adultère est aussi criminel cbes l'homme que chez la femme. C'est la même injustice par le manque de foi y par la violation d'une promesse sacrée , par le refus de rendre à la partie lésée ce qui lui est dû. Hais la position de la femme, et la fonction qu'elle remplit dans la famille, rendent le mal plus grave de son côté. L'homme qui commet ce crime, va jeter le mal hors de sa famille. La femme au contraire l'y attire et l'y introduit. ïXie devient le réceptacle de l'iniquité, et le foyer du crime. Le sanctuaire de la famille est profané y la génération est altérée aux sources mêmes de la vie, et son développement futur est nécessairement changé par le mélange d'un autre sang, par l'inflaence
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d*aD autre esprit , qui amèneiymt nne direction et une destinée nouTelles. Le cours proTÎdentiel des choses, qui devait s'effectuer par la succession Intime des générations d'une mÊme race, se trouve arrêté, croisé et détourné par la volonté criminelle de Thomme. Il y a ici des abîmes d'horreurs et d'iniquités. L'adultère de la femme admettant au foyer de la famille un sang étranger, il peut s'opérer en elle le mélange de deux vies ennemies, de deux esprits contraires ; et ce mélange pouvant se transmettre au même individu fera de cette existence le déplorable théâtre de ses contraditions. De là des personnalités divisées, déchirées, troublées eu elles-mêmes pendant leur passage sur la terre , ou faussées dans leurs facultés et paralysées dans leurs puissances par le défaut d'harmonie entre les éléments qui les constituent. De là encore beaucoup d'infirmités secrètes , de maladies congéniales, et celles-là surtout qui bouleversent ou affaiblissent l'état moral. De là encore ces antipathies profondes des enfants contre celui que la loi leur donne pour père et qui ne lest pas selon là nature, quelquefois contre la mère dont le crime les a mis au monde et à laquelle ils reprochent instinctivement leur existence; puis des frères entre eux quand , sortis du même sein , ils ne sont pas effectivement de la même race, et semblent reproduire , par leurs dispositions et leurs goûts contradictoires, par les oppositions de leur esprit et de leur cœur, l'inimitié originelle qui les a produits. Outre ces monstruosités naturelles, qui ne paraissent point toujours, ou que les hommes ne savent point s'expliquer, l'adultère produit encore une double injustice, qui doit attirer le
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désordre ^t la malédiction dans la famille : injustice envers l'époux trompé , qui travaille pour nourrir le fruit du crime, et donne sa pk'otectiod, sa fortune et son nom au produit de son déshonneur ; injustice envers les enfants légitimes , auxquels un étranger vient dérober la vie et la substance de la famille dont il réclamera un joar comme eux l'héritage de richesse et de gloire.
Enfin , ce qui rend encore la femme plus coupable dans Tadultère, c'est que, par sa nature moins expansive, moins active que celle de l'homme , elle a aussi moins besoin de se poser au dehors, de manifester sa vie et de chercher hors d'elle le com|dément de son existence. L'opinion et les convenances sociales sont aussi plus exigeantes à son égard et lui imposent plus de barrières ; elle a plus d'obstacles à surmonter pour commettre le crime , elle a plus de secouiB contre la tentation , et elle a plus à perdre en y cédant. Sa responsabilité est donc plus grande. Ce qui entraine les femmes au désordre , c'est moins l'instinct seSLuel et le goût de la volupté , que le désir extrftme qu'on s'occupe d'elles , et le besoin de devenir l'objet exclusif des soins et de l'affection. La vanité fait plus de victimes que l'amour.
Une société est bien malade, quand l'adultère y devient commun , banal , objet de plaisanterie , et même titre de gloire ou de distinction. C'est le signe de la corruption des mœurs, qui amènera la dissolution de l'État. Ce relâchement des liens du mariage , cette manière légère d*en interpréter les droits et d'en accepter la violation, viennent toujours d'une philosophie immorale. Le sensualisme, en quelque siècle et sous quelque
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forme qu'il paraisse, ancien ou moderne, grossier oa raffiné , est la mort de la morale publique et privée; ear il renverse tous les principes de Tordre, de la justiee et de la vertu. La conscience n*a plus de base , Tboimèteté plus de motif , le devoir plus de sens , et Thomme naturel ne connaissant rien au-dessus de lui, ne respectant aacuoe autorité et ne craignant que la force , làcbe la bride à ses appétits grossiers , à ses mauvaises passions , et met son bonheur et sa gloire , soit à les satisfaire avec excès et par tous les moyens , s'il est ignorant et dominé par la chair, soit à les contenter d'une manière plus séduisante et par tous les raffinements des arts et de la civilisation, s'il appartient à une société polie. Tels furent les derniers temps de l'empire romain , que Juvénal a si énergiquement stigmatisés : telles en France les mœurs du zviii® siècle, qu'on a appelé le siècle de la philosophie et des lumières , et qui s'est signalé par les doctrines les plus pernicieuses et la plus profonde imm<^ralité. Aussi il a fallu un baptême de sang pour purifier la France de toutes ces abominations. Aujourd'hui , si les mœurs ne sont pas meilleures au fond , elles ont au moins plus de retenue et de convenances. Les vertus domestiques sont respectées , si elles ne sont pas mieux pratiquées ; on ne glorifie plus l'adultère , ou n oserait plus la placer à oàté du trône : la pudeur publique ne le souffrirait pas. C'est un progrès : car cacher, ou nier le mal, c'est au moins le reconnaître comme mal , c'est le désavouer.