‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 166 sur 199 · PARTIE PRATIQU15. — CHAP. VIII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQU15. — CHAP. VIII

d«8 mioears; elle sacrifie les. faibles aux plus forts, les infants aux parents; et, quoiqu'elle statue pour assurer le sort des enfants , elle sera violente, t jrannique à leur égard, et ne pourra jamais que pallier Tiniquité dont elle se rend complice et responsable. La bonne foi est aussi outragée par le divorce ; car les époux manquent à la promesse solennelle qui les a engagés pour toujours ; l'acte du nuiriage ne souffrant point de con()itious qui en limitent, la durée.

Eufin U y a prévarication sous le raj^rt religieux , ou selon la loi divine, parce que l'tiomme ne peut séparer ce que Dieu a uni. Les époux , en se donnant l'un à l'autre devant Dieu , sont liés non-seulement en vertu de leur consentement libre, mais encore par l'acceptation et k sanction de celui dans lequel ils s'unissent. Car ils contractent en présence de Dieu, pour que Dieu devienne le témoin et le garant de leur fidélité , et cette intervention de l'Éternel dans un acte temporaire l||i imprime le sceau de l' immutabilité. Dieu a donc aussi sa part et son droit dans le contrat ; son nom ne peqt avoir été pris en vain ; son aut<Mité ne varie pas avec les sentiments des hommes , et ainsi la séparation ne serait légitime qœ si la religion déliait ce qu'elle a lié. G'^t ce que le christianisme n'a jamais fait, partout où il est resté pur^ et conforme à l'esprit de Jésus-Christ. L'Église catholique a tonjcHurs maintenu le mariage indissoluble; eUe a toujours proscrit le divorce, et tout ce qui tend à relâcher et à rompre le lien conjugal. Si elle a quelquefois demandé ou autorisé des séparations, c'est que l'union n'avait point été légitimement formée , les conditions requises

n'ayant point été remplies. Que les passions humaines et les intérêts politiques aient quelquefois abusé de œ moyen , cela est possible ; mais Tabus ne prescrit point contre le principe , et le principe n*a jamais été abandonné par rÉglise. Dès le commencement du monde la parole divine a déclaré l'indissolubilité du mariage, cornme Jésus-Christ le dit lui-même expressément aux docteurs de la loi. Ils lui demandent si l'on peut renvoyer sa femme , « Non , » répond le maitre. — « Mais Moïse a permis de le faire en lui donnant un billet de répudiation et pour cause d'adultère ; et Jésus répond : » Au commencement il n'en était point ainsi ; car il est dit que Dieu créa l'homme mâle et femelle , et qu'ils seront deux dans une même chair ! que l'homme ne sépare donc point ce que Dieu a uni. — Cependant Moïse l'a permis.... — Il l'a permis à cause de la dureté de votre cœur , ad duritiam cordis vestri. » Là est la solution de la question sous le point de vue religieux ; et il faut vraiment l'aveuglement et la partialité de la passion pour ne pas voir dans ce texte l'interdiction formelle du divorce. L'exception ne sort point de la nature du principe et ne prouve rien contre son universalité. Elle prouve seulement que l'idée ne se réalise jamais parfaitement en ce monde, qu'il y a toujours de l'à-peu-près entre ce qui doit être et ce qui est , et c'est pourquoi il y a lieu à tolérance , à indulgence , à cause des cœurs durs ou faibles. Une autorité sage (et quelle autorité l'a plus été que celle qui représente Dieu sur la terre?) se distingue à la fois par l'inflexibilité du principe et par la douceur de l'application. MgttriAiréîr^ Jésus-Christ réprouve donc le divorce ;

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