CHAPITRE IX
Devoirs envers le prochain dans la famUle et dans
la société.
La famille, constituée par le mariage, se développe par la génération et s'étend par les alliances. Tous ceux qui en font partie sont unis entre eux par une certaine communauté de vie, d'intérêt et d'honneur, qui les rend, jusqu'à un certain point, solidaires les uns des autres, et d'où dérive une réciprocité de services et de devoirs. L'exigence de ces devoirs est en raison du degré de parenté et des services rendus. Chacun doit soutenir la famille et ses membres , autant qu'il le peut moralement et physiquement, pour la conservation de la famille comme pour sa gloire. Ainsi se forme l'esprit de famille^ vertu tant qu'il ne prévaut pas contre la justice, vice quand Tégoisme et les passions y dominent.
Nous comprenons sous la dénomination de procha%n$ ou de proches tous les hommes entre lesquels il s'établit une relation directe, soit par des liens naturels , soit par un effet de lenr volonté qui les rapproche et les met en une
certaine commanauté d*eiistence. Les proches sont les parents , les maîtres et les serviteurs , les concitoyens , le bienfaiteur et l'obligé, les amis, tous les membres d'une association quelconque. Dans la famille on devient proche par le sang et par l'alliance , et le lien d'alliance se résout dans celui du sang, puisque les époux sont deux dans une même chair. Cependant instinctivement nous tenons davantage à ceux qui nous sont unis par le sang, et c'est même une cause de partage et d'opposition dans les mariages , chacun des époux étant plus attaché aux siens et disposé à favoriser et à soutenir sa propre famille.
La famille , considérée dans sou ensemble, forme une association particulière au milieu de la société générale. Ses membres sont unis entre eux par une communauté de vie qui provient de l'identité de la race, par une communauté d'intérét& qui naît de la solidarité des parties d'un même tout, par une communauté d'honneur qui résulte de la participation au même nom. Tous ces rapports constituent l'unité en même temps que la puissance de la famille. Chacun de ses membres , en travaillant pour lui et les siens^ concourt en quelque chose au bien de tous les autres. Par le seul fait de leur liaison naturelle et de leur union, ils se soutiennent, s'aident directement ou indirectement, avec conscience ou à leur insu, sans le vouloir ou avec intention, de leur crédit, de leur nom, de leur fortune, de tous les avantages de leur position sociale, et ainsi ils se doivent les uns aux autres et s'obligent, puisqu'ils se donnent réciproquement. Il est difficile de déterminer exactement en théorie la rigueur et l'étendue des devoirs de cette espèce : l'occasion en décide dans la