‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 169 sur 199 · PABTIE PRATIQUE. — CHAP IX · texte numérisé non relu

PABTIE PRATIQUE. — CHAP IX

pratique. On peat seolement dire en général qu'ils sont en raison du degré de la parenté et des services reçus. L'accomplissement de ces devoirs fait ce qu'on appelle un bon parent j c'est-à*dire un homme qui prend à cœur la conservation, l'intérêt et l'honneur de la famille, et qui est disposé à secourir et à protéger particulièrement ceux qui la composent.

L'esprit de famitte provient de cette solidarité de vie, d'intérêt et d'honneur entre les parents ; il produit la force, la stabilité et la dignité des familles. Il resserre Tunion en maintenant les traditions des ancêtres , et faisant marcher plusieurs générations dans une voie commune et vers un même but. Ainsi se forme en chaque pays, l'aristocratie de tous les degrés et de toutes les conditions, depuis le noble jusqu'au paysan, et par cette transmission d'un même esprit s'établit dans les familles une manière d'être plus digne , une conduite plus suivie, une vertu plus solide, et qui devient comme héréditaire. De telles familles consolident singulièrement l'Etat. Elles ont une immense influence pour le maintien des institutions, des usages, des mœurs, et l'esprit d'agitation et de nouveauté trouve en elles une barrière formidable ; car l'esprit de famille est essentiellement conservateur. Mais le bien est toujours ici- bas à côté du mal, et souvent l'excès d'une qualité devient un vice. L'esprit de famille tend naturellement à devenir exclusif , à se faire le centre, la lin et la règle de toutes choses, à tout juger dans le point de vue de son intérêt, de ses maximes, de ses traditions transformées en préjugés par le temps, et finissant quelquefois, à cause du chan-

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gement perpétuel des drecHistances, par être en désaeeord avec le prâent et hostiles à l'aYenir. De là dans toute société vivante, une lutte incessante entre les hommes noa¥eaiK qai surgissent avec l'ambition de s'emparer •des affaires, >et les hommes anciens ou ceux des familles constituées, qui sont en possession du pouvoir et qui veulent le garder. Cette lutte dure plus ou moins longtemps, avec des succès partagés, et se termine le plqs souvent par une dettes commotions politiques appelées révoluticms, qui «égalisent tout, pour un moment, dans une confusion générale. Pois recommence le travail des individus et des familles pour se poser , pour s^élever de nouveau; car cette tendance est innée à la famille. Gomme tout ce qui est vivant, elle a l'instinct de sa conservation et de son développement; elle veut devenir forte, nombreuse, influente, et surtout se perpétuer dans l'avenir avec sa puissance et son nom.

L'égoïsmc et la rivalité des familles contribuent souvent à la mine des Ëtats. Si elles ne sont maintenues par un pouvoir prépondérant, comme dans les monarchies, elles entrenten guerre et déchirent la société par lenrs dissensions. On l'a vu au moyen-âge, alors que les forteresses des familles puissautes hérissai^it les montagnes , dominaient les plaines , embarrassaient les villes et opprimaient les populations. L'intérêt ou la gloire de quelques familles décidait de tout, ^ Tordre social était une guerre continuelle, d'autant plus terrible qu'elle s'agitait au sein du même peuple ^ que personne ne pouvait y échapper. Aussi la monardùe absolue, ou le d«spoUsinc^ sort presque toujours d'une pareille âtuation,

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