‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 18 sur 199 · PARTIE tniORiQTO. — CHAP. I · texte numérisé non relu

PARTIE tniORiQTO. — CHAP. I

dont elles sonl des Irradiations , des applications. Yae dans son principe et dans T ensemble de son action , la loi est l'expression de Tamour qni a tout créé et qni conserve toot. Tontes les existences en effet ne \ivent et ne s'en* IreQennent qne par l'amour. L'amoor implique deux ter-* mes , le sujet aimant et l'objet aimé : un supérieur qui donne, un inférieur qui reçoit, puis entre eux le Ta et vient de la vie, et la pénétration mutuelle. Dans tout amour il y a une partie active, une partie passive, et un point d'identification où elles se confondent. Partout où il 7 a de la vie , l'amour intervient pour la développer et la régler. Les corps ne vivent que par l'amour, non-seulement par l'amour qui les reproduit , mais encore pat le désir qai cherche la nourriture et vdlle à leur conservation. L'appétit physique est la tendance de l'organisme à s'unir à une chose matérielle, capable de loi dotiner un aliment ou une jouissance ; c'est la loi de la vie du corps , loi qui est dans nos membres , dit jutint Paul , loi de la chair , ou amour charnel , d'où résulte la vie chamelle. L'àme, par son union au corps, participe, jo»qu'à un certain point, à cet amour organique. Dans le commerce des esprits la vie se manifeste aussi par 1 amour. Xîn esprit donne, l'autre reçoit. Le premier rayonne , cfflue ; le second attire , absorbe ; et pour qu'il y ait de la ne entre eux, il faut qu'ils se pénètrent en un point par la parole : c'est ce qui fait la vertu de l'enseignement , et par enseignanent il ne faut pas entendre seulement celui des universités et des écoles , mais toute communication des esprits au moyen du langage. L'ensei-

C i PBILOSOPfllE MOftAtE.

gnement n*est fécond que s*il est donné et' reçu avec amour.

Ce qai est vrai da corps et de Tesprit, Test aassi , et à plas forte raison, de Tàme. Les âmes, soit dans lear rapport avec lear principe, soit dans leur rapport entre elles, ne vivent que par l'amour; elles n'existent que pour aimer. L'amour est leur fin d^nière, leur loi souveraine, et l'excellence du Christianisme est de résumer dans l'amour la loi et les prophètes. L'amour de Dieu et du prochain est la somme de la loi , et le commandement nouveau que Jésus-Christ a annoncé à la tenre est : qoe nous nous aimions les uns les autres, comme il nous a aimés. La religion est tout entière dans l'amour ,* car son but est de rétablir le rapport de l'homme avec Dieu, c'est-à-dire de ramener l'homme à l'amour divin, de lui apprendre à aimer Dieu, comme Dieu l'aime. L'amour véritable ou pur est celui qui aime sans restriction , sans retour sur soi-même, à l'exemple du Père céleste , qui a créé par amour les êtres finis] dont il n a pas besoin. Le véritable amour se d^age des liens de la chair, des appétits du corps, qui le bornent dans l'espace au cercle étroit de l'individualité, et l'enchainent à la matière inerte; il s'élève au-dessus du temps, andessus des pensées humaines qui rendent nos affections variables et passagères. Il s'étend à tous les lieux , à tous les temps, ou plutôt il les dépasse tous , parce qu'il aspire à un objet éternel, et n'aime la créature que dans le Créateur, en Dieu et pour Dieu. Ainsi Tanioor s'universalise et Revient charité, et la charité seule

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