‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 173 sur 199 · PARTIE ftftATlQdlS.: *^ QllAP. IX. 5â · texte numérisé non relu

PARTIE ftftATlQdlS.: *^ QllAP. IX. 5â

établie poNC les .satisiiiTe; eUe^st pia» digne> plus avan^ oée à.mesiiffe.qtt'cUB y. contribue darantage. Ses plus gTMd» bienfaits tfomtp«Qr l'bomme apiritueli «t ses rnska*- ÏMtm ne peuveptae reoAre de plas graods servioes, que de travaUlf r ^ par le GOQ0Qtti?l< de lewra tijumèfes et de leur bonne volante , à r^ipandre la eonnaissamce de la y^rît^ et k goût du bieu. Ce résultat ne s'obtient point unique^ ment avec de Tai^nt et par des taxes de pauvres. Les voies légales et gouyernementales sont peu efficaces en pareil cas ; car la bienfaisance' et la charité ne s'imposent point. L'influenee religieuse peut seule inspirer le véritaMe respect de Vhoisâiie, deiéa: dignUë; de ëes 4rÀlts ; elle seule' riend 'h' dloyéft profoné^ment jusA», paiieè qu'elle faii fournit le tuotlf priueipal <Bt la 'sanctlm der^ Bière de la jostlo0. Ellorétève au^^dessnis 4e la justice hu^ nmine, quiv t>i^és(|ue tofujotrs niégâ^ye et- souvent âttit', m^ les hommes m «ppefsilioa = plus^ eiieorè- qn'ètte ne leb unîl< La parole dîvl&e- enseigné aux 'hommes qu'ils ne soHl'pai -seulemeàticonbifloyens , parents , unis par des lien» sodâuir ou Baturobyiiiato iquils se tijenuenl de plus près ^j^'99'SOïil plus itttilnesles unstoxantreS) cbtmiie ayant la même origine,- ta- m^me naRxire ^ la même fin , comme enfants d'un même Père qui est au ciel , et par dottèquebl oeniine"âàne8 en Die» et pour Télendté. La coqaâqacbee néoessaâiie de té haut enseignosMiit est que, pour répondre à leur diestinàtion et aux Tues de la ProYîdenoe, aorf humanité'; il ne leur :sulffiit pas de ne^ point se léser mutaielleme»t , pas même de se supporter, mais qu'ils' éaiventeieore .s.'assi8ter par tous les moyens, et enfla B^wmn fi'aternellemeni les uns les

autres , comme leur père commun les aime. Ainsi la charité chrétienne est partout le complément de la justice. Elle élève, ennoblit, transfigure les devoirs dans la famille et dans la société : et Fàme qu'elle anime , loin de trouver un joug pesant dans les obligations que ses rapports lui imposent , les porte avec légèreté , les accomplit avec joie, toujours prête à faire plus qu'il ne lui est demandé, et à consommer la justice par l'amour.

Il peut s'établir entre deux personnes qui ne soot ni parents ni compatriotes une relation particulière par un service rendu , par un bienfait reçu. La justice veut que l'obligé cherche à rendre ce qu'il a reçu; et ^ s'il ne peut acquitter sa dette effectivement, il doit au moins la reconnaître et Ta vouer dans Toccasion. C'est le devoir de la reconnaissance, dont l'accomplissement , pénible à l'amour-propre, est un soulagement pour les âmes nobles. Selon l'équité , le bienfaiteur a droit au retour ; il y a générosité de sa part à ne point l'exiger.

La reconnaissance est la pierre de touche des belles âmes. -Les cœurs étroits et vains ne peuvent la supporter : l'orgueil est humilié du bienfait reçu et l'^foïsme en redoute la restitution. Il y a beaucoup d'ingrats dans le monde, parce que beaucoup demandent volontiers, atti* rent puissamment et reçoivent avec joie, mais peu aiment à donner et à rendre; et là comme ailleurs, l'instinct na*

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turel da moi , la concentration de la volonté et son repliement sar elle-même, tristes fruits da péché d'origine, ne peuvent être vaiucns qne par une influence céleste. L'ingratitude est un des vices qui révoltent le plus la conscience. Les enfants même la sentent, quoiqu'ils soient les premiers à oublier les bienfaits dont ils sont l'objet. L'ingrat blesse vivement en nous le sentiment de l'équité : de là, quand on en est victime, l'impression pénible qu'on éprouve, et qui se manifeste ordinairement par une réaction plus ou moins violente de plaintes on d*indignation. Mais à la justice offensée se joint presque toujours notre amour-propre blessé ; et c'est pourquoi on risque souvent de satisfaire sa vanité sous prétexte de venger la justice. Il est donc plus sûr et plus noble de comprimer sa colère et de supporter en silence.

Outre le retour , ou la réaction par laquelle on doit acquitter sa dette envers son bienfaiteur , ce qui constitue la partie obligatoire de la reconnaissance , il y a encore en elle un sentiment particulier de bienveillance , d'affection et de respect qui nous lie à lui par le cœur , comme l'obligation morale par la conscience. L'expression de ce sentiment est un besoin pour les âmes nobles et délicates. Il ne leur suffit point de rendre ce qu'on leur a donné, ce qui est une espèce d'échange ; elles sont encore pressées de reconnaître par des signes d'affection, par des témoignages de dévouement, ce qu'on fait pour elles avec bienveillance et désintéressement. Car le véritable bienfaiteur a toujours vis-à-vis de l'obligé le mérite de l'initiative ; il l'a aimé le premier, il l'a prévenu par la charité, et cette prévenance d'amour, qui ne peut jamais

&60 ^miosopeiiii um^lLE.

se payer, Mk être oontpeiuiée par la réjEiction surabondwfte de celui qui en a été rol)jiet.

Quand un bienfait est méconnu ou payé d'ingratitade, eelui qui a été obligé devient souvent renoemi de son bieu&itear. Il semble que le bien reçu tourne en poison dans le cœur de Tingrat , cômiiie ie rayoa solaire dans tes plantes yâiéoeuses qui le pertertissent en se Tassimi* lant. L'ingrat ne peut supporter la présence m le souve* nir de celui qui liû a rendu service ; car il y troaire une caïuse d'humiliation qui if rite son orguiéil, oa oat^pro* che qui toi^miente sa conâcience. Une loi de Fatitîquité infligeait une peine aux ingrats. Une telle mesure honore la moralité du l^latenr, mais eUe pottaoe trop lois l'influenoe. l^ale , car la puî^Muce civile ne peut guère intervenir dans les relations intiinea de la, btejifaiflance, dont le sacaret doit être gardé le ping souvent par la génécodité du bienfaiteur et pour la réputatioii de IV bligé. D'ailleurs la reicounaisaance est surtout un sen** timent » unei réietiafii du cœur, et pour atoir tout son priX| elle doit être spontanée ou du moins ycrib^MAîre. Quand efle est te résultat de la réflexion, elle nf ed; pins que le paiemeslt d'une dette, l'aecomptissanent d^une loi, et alors le (Kmr.y a, uhâus de part que l'esprit. lia gratitude ne peut .donc p9^ plus s'imposer que l' affection* H faut qu'eUe soit «#Utie pour avoir tout son ebarme* Le blâme Texcita jpareme»t , la puuttioii la réveiJterast enoofe moins^ Un blnufait reproobé est une e$pèQed\)$fiQnse , et une àm^ giUnde a'aîme point h rappeler les services oa^ })liés ou méosniius. . .

3i Ton ne faisait du bien aux be«mes que pour hi r&-

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connaissance qu*on peut en attendre, on se lasserait bientôt, tant Tégoïsme naturel leâ i^nd facilement ingrats^ Il 7 a de la n^agnanimité à oublier les services qu'on a rendus ou au môîos à n*ei^ jamais téclatner le prix. Mais, il faut rayouer, une telle vertu est rare en ce inondé, et

ceux mêmes qui en sont parfois capables s*en lassent ,

quand rîngralïtude se réjpele et que leurs bonnes inten-

tidns sont presque toujoui^iiiécoiinués. Il faut donc aux âmès^ è^ériusës un àtitte Inôtff que le Ôésir'dê letrr propre gloire. Ce' ittoiif, l'Évangile Ta donné inx hommes, et J&us-Ctirikt l'a mis en prati(iue le premier. Le térîtable amôur^ Vtimour pity la (Mvine cbaritë qui se puise dans le commerce de Tâmé avec la source de lâi vie , vdilà la racine ï^rofbride et étemelle de la bienfaisance dans le cœor hulriain. Cette charité chrétienne seule sait vraiment faire le Tiien et le reconnafître'; car cïle est ïnetitiw saute comme Dieu, sans retouf* sûr soi-même, parce qu'elfe aime} sans relâche et sans mesure, piirce qu'elfeiést éternelle* L'ingratitude "ne la décourage point, parce* qu'elle n'agit point podr Fboslme Ignorant ou passionné, mais en vue de Cèltii qui sait tout et donne à chacun sa récompense. Elle seule est sincèrement recouiiaissaiite', parce qu'elle sent plus l'intention du bienfait que son utilité. Or la-nSactionétuilt toujoAT» prqportkomèe'è Faction , si Dieu seul est le principe de ht véritable biettfUssno^, il y^st aussi de la |icire gratitude; et dan» Vtm et Faullre eas nou$ sofomies des instrumerits volontaires de sa bmié et de son aaiour.

Deux personnes peuvent se rapprocher par une sympathie réciproque^ qui établit entre elles un rapport particulier qu'on appelle amitié. La véritable amitié n'est point une simple liaison formée par des convenances d'âge, de goûts, de caractère. Elle n'est pas le résultat des circonstances et des intérêts du moment. Ces choses réunissent extérieurement les hommes pour un temps, mais ne lient point les âmes. Ce qui les attache, c'est la confiance fondée sur l'estime, c'est une espèce de foi en quelque chose de divin , qui les attire l'une vers l'autre par une affinité mystérieuse, et les unit profondément dans un terme supérieur. La vraie amitié ne peut exister qu'entre des âmes généreuses, capables de comprendre le bien et de s'y dévouer. Le devoir de l'amitié est d'abord la réciprocité d'affection et de services ^ puis le dévouement au véritable bien de celui qu'on aime, jusqu'à donner sa vie pour lui.

Les hommes peuvent se rapproeher plas on moins, s'unir à tel ou tel degré, en raison des relations diverses qui s'établissent entre eux et des affinités qui les attirent. Nous aimons par notre àme , quels que soient la forme et l'objet de notre amour. Mais lame est entourée d'un corps , et ce corps se met en commerce perpétuel avec le monde et les choses du dehors. Le monde , les

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choses ïienribles, le corps et toot ce qui 8*y rapporte, inflaent donc puissamment sur l'àme qni leur est nnie immédiatement on médiatement, et par conséquent nos affections, notre attachement, notre amour en dépendent en grande partie : c'est là ce qui détermine la hiérarchie des liaisons humaines et les degrés de F amour. Plos les circonstances extérieures, l'organisme, ses instincts et ses appétits y ont de part, plus l'affection est sensible et charnelle , plus elle est égoïste : car elle est soumise à la loi de la nature inférieure. Moins au contraire le corps et ce qui est corporel y influe, plus elle est pure , élevée et ainsi désintéressée ; car elle est dominée par la loi de l'âme et de l'esprit, suivant laquelle il est plus doux de donner que de recevoir. La vraie amitié est l'amour de l'homme pour Thomme, purifié de l'attachement naturel du sang , de tout désir charnel , des appétits grossiers et de l'intérêt humain. Elle est d'autant plus pure qu'il y a moins de retour sur soi-même, moins de rapport à soi et que l'amour-propre en est exclu. Après le sentiment de la piété qui nous unit à Dieu , après cette affection toute spirituelle qui unit en Dieu deux âmes, dont l'une a été engendrée par l'autre à la vie du ciel , après la charité qui applique à tous les hommes ce que l'amitié donne à un seul, l'amitié sincère est certainement la plus pure des affections. Elle a son fondement dans une espèce de foi, non pas à l'homme qu'on aime, mais à l'esprit supérieur qui vit en lui et qui fait ce qu'on appelle sa' vertu , sa bonté , sa noblesse de cœur, ce qui enfin nous le rend aimable ; car l'homme n'est vertueux, noble et bon que par une participation à la source du bien , par

&64 PKILOSOPBIB HOBAI*!*

use oMummication divine. Deux âmes ne petnesA fiumr profeBdéttenk €t d'ane manière cbnrable j que dam on letme rapérieur qui les eidève à dlesHnômes et aux in* tépèls du moment, et e*est ponrquêî elles deviemieot capables de se dévouer Tune peur Tautre. Mais^ i«marquoBS4e Imo^ rfaomme auqtel profite ce dé^rooement n*eft est point rédlement l'objet* Il y aurait du iamftisBie à se sacrifier à lun homane; ramise dévoue à la jMtiee, à la vérité) an bien étemel qu'il sent et admire dans son ami , c'est-»àKdire à Dieu , (Hrincipe mnque de toirt ee qni est bon y juste et vrai.

L'amitîé est Uen snpârioure aux senlimeBts uatorefe. Geux-cî , par cela qu'ils ont leur racine dans la éàm et le. sang, sont toiqoors mélangés d'intérêt propise, et se rapj^ortent en définitifve à l'avantage ou à la joinssânce du moi. Aussi sonb^ils obligés de se dissimuler^ de se dé* gniseren partie pinir se donner «me apparence do vertu, un air de générosité. Ils ne sont jamais tDUt*à*-fait sin* cères^et il y a en evx n4» mélange de fausseté dont ils n'ont pas même oonscience, car leur désir tend tonjonrs par des voies cachées à obtenir qoelqM chose qu'il n Sr voue pas ^et qui est cependant Tobjet véritaUe dfe leur leeherche. L'amour bnmainen est l'exemple to^kis firap* pant, et an fond tout amour ^oi tient de la chair lui ressemble. Si nous scrutions les affections que le sntnre établît cotre le» parei|ts et les enfants ,. tout eè reconnainiQnt'Ce qp'elles ont de bon et d'otile^ quandelles sont régulières et bien ordonnéesi, nous tFoavei^ioBs cependimt dans lear raoîne même et dans tes formas qu'elles revêtent, des traces d'amour-propre , d'intérêt, d'égoïsone, et

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