CHAPITRE X
Deifoirs généraux de V homme em^ers ses semblables.
Rien de ce qui tient à rhumanité ne peut être étranger à l'homme, comme rien de ce qui tient à un corps organisé ne peut rester indifférent aux organes de ce corps. Chaque membre , chaque organe reçoit médiatement ou immédiatement du foyer et de toutes les p«irties. 11 doit donc aux parties et au foyer, et son état influe sur l'organisme entier, et contribue au bien ou au mal des parties et du tout. Il en est ainsi dans chaque corps de famille, dans chaque corps social, dans l'humanité entière. Chaque individu, en tant que partie intégrante du genre humain, a donc, envers ses semblables, des devoirs qu'on peut appeler Deifoirs d'humanité.
Tout homme a d£s devoirs envers son semblable dès qu'il entre en relation avec lui , et , par cela seul qu'ils sont hommes , ils doivent se traiter en hommes. Ces de* voirs , les plus généraux de tous puisqu'ils nous obli« gent envers tous les individus du geore , sont fondés en justice comme les autres. En effet , Vhumanilé est une,
poîsqa'elle constitue m genre , et tons les îndîTîdiis qoi la composait partidpnit néeessÛRBent i cette grande imité. Ds ne sont hoflunes qa a cette condition, et ils le sont daTantage, àmesore qn'ib faccowplisHnut nûenx. Cette onité dn genre bnniain , qni est à la fois morale et phjsique , fonne on grand corps, on «NTganisme TiTant, où chaque individua sa place et 5a fonction, traTaillant poor Tivre, dans le moaTea^nt commun de l'ensanMe auquel il appartient, et contribuant ainsi au bien de tous les autres sans le saToir, et sans aroir arec tous des relations directes. Il ne faut point s'arrêter id aux Tues étroites des sens et de r imagination. La raison , n allant pas au-delà, reste toujours embarrassée dans les difficultés de Tespace et du temps , qui rétrécissent ses conceptions et bornait sa pensée. Qu'y-a-t-il de commun , se dit-elle , entre FEuropéen et ses antipodes; et comment le bien ou le mal que peut faire un Chinois ou un sauTage de r Amérique du Sord peut-il retentir jusqu'à moi et importer à ma destinée ? Sans doute la liaison ne s'aperçoit pas au premier abord , et Finfluenoe réciproque entre des termes aussi éloignés semble se perdre dans l'immensité de l'espace. Mais si l'on se place à un point de Tue supérieur, les distances s'effacent, les «Ltrèmes se rapprochent, les communications apparaissent, et dans le grand mouTement de l'humanité s'agitant à la surface de la terre, on aperçoit l'action et la réaction de ses membres les uns sur les autres^ la solidarité de leur existence, la réciprocité des services et des deyoirs, enfin tout le genre humain dans l'unité dont il est sorti , et oit i! tend à revenir, comme au terme de son
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développement. Tonales hommes, étant issos d'une même famille et d'on même père , ont la même nature , la même loi, la même foi ; ils ne peuvent donc point rester étrangers les uns aux antres. Puisqnlls se tiennent par le fond, par le principe et la fin, par T influence qui les fait vivre , il faut que ce qui affecte l'ensemble de ce grand corps retentisse pins ou moins dans chacune de ces parties. Tout ce qui est humain intéresse donc réellement chaque homme , s'il a en lui la conscience de l'humanité.
Cette conmiunanté virtuelle des humains se réalise par le développement de la race et passe en actualité dans l'histoire à mesure que la civilisation avance. Par le progrès continu de la sdenee, des arts, de l'industrie, du commerce, par tous les mouvements des nations, par les voyages, les migrations, les colonies, les grandes expéditions de guerre et de découvertes, par toutes les voieis de communication à travers la terre , l'eau et l'air, et enfin par ces admirables moyens de multiplier la pensée et de l'envoyer^ aussi rapide que le vent , jusqu'aun: extrémités du monde , les hommes de toutes les parties du globe ont été successivement rapprochés et ils sont parvenus à s'entendre, à se comprendre, à se sentir, et, pour ainsi dire, à se toucher des deux bouts de la terre malgré l'espace et le temps.
Alors il devient littéralement vrai, que rien dhumain n'est indifférent à l'homnie : car tout ce qui arrive à l'humanité retentit pussitôt dans toutes les parr ties de l'immense réseau qui couvre la terre, et va répandre chez tous les peuples , dans toutes les familles et jusque dans chaque individu le vrai ou le faux , le bien
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