PARTIE PBATIQUf. — CH^l*. X. Ô
à peu en conscience , les barrières qui séparakjpt ley individus et les peqples tombent siiccessiyement , et to hfxpunes tendent à s^ papiffpcber et à^'nqir» spii^ l^n^ flnej^œ de la parole chrétienpe , comme il convoient 4M^ enfants du même père. Chaqi^e siècle a amené son pro* grè$ sous ce rapport , et jamais Tavaneement n*a é\é plus sensible que de nos jours. Là se trouve la clef de Tbis* toire moderne, et de notre civilisation , qui, produit du cbristianisme , en a suivi }es pbases au milieu des dé* sordrjBs et des battes de ce monde. C'est pa^ cette baute mesure qu'on peut apprécier avec véfité les vicissitudes du développement bumain , en le comparait à sop bpt» et c'est ce qui a donné naissanp^ à cette science i^oi^veljie et toute cbrétiepne par son idée, qu on appelle la pftilO' Sophie de l'histoire. Où nous mène cette marcbe iqcessante de la civilisation ? Où tend ce prpgrès lept , ^ais continu, même ^u milieu de mouvements osçjUilatoires et appar^unment rétrogradas ? ]1 npus çogduit^^ la ^stinatioa de rbumanité, è la fin cojKimupfi de tojfp \es Jiommes , c'est-àrdire à leur uniop dans |^ xn^t^ioe, dans la vérité , dans le bien , et p^r conséquent dans le bopbeur. Mais le mouvement génér^ se pompose du mou-r vement de tous ou du plus grand nombre. La liberté de cbacun y est donc pour sa p^ , ^oit qu'jslle y contribue par son concours, et en .augqiefîjl^ l'^ergi^e par Faddition de sa force , soit qu'elle le jrejtardo et l'entrave pap son inertie ou son opposition. Voilà pour,^oi une boQup action , qui bonore son auteur eï projSlte jSi çfva qu'^ell^ atteint immédiatement ^ ^ encore utile à tous Ijçs hommes , bonne pour tout le genre ^mmain , parce qu'elle fçf -
572 PHILOSOPHIE MOftALE.
tifie le parti du bien dans le monde, et contribue à lui donner sur le mal la victoire définitiTC d*où dépend le salut de rhumanité. Une action mauvaise, au contraire, fournit à la cause du mal des secours et des armes poor combattre le bien; elle entre pour sa part dans le prolongement de la latte , et empèebe , autant qu'elle le peut, la réalisation de la volonté providentielle. Il n'y a point de doute que les destinées du genre humain iront s accélérant , que son progrès sera plus rapide et que beaucoup d*années d'expérience et de souiïrance seront rachetées, suivant la belle expression de F Apôtre, si le nombre des gens de bien se multiplie, et si en général la vertu l'emporte sur le vice dans le monde : comme aussi par le triomphe du crime , par la surabondance de l'iniquité, les obstacles sont augmentés, le temps de l'épreuve s'allonge, et la marche de Thumanité devient plus pénible et plus lente. Il importe donc grandement à tous que la parole de vérité se répande sur la terre, et surtout qu'elle soit réalisée dans la conduite des hommes, en même temps que reçue dans leur cœur. A coup sûr, le plus grand bien qu'on puisse faire à ses semblables est de leur apprendre à devenir meilleurs , et ainsi plus heureux , non pas seulement pour l'existence de ce monde qui passe , mais pour une autre vie qui n'a point de fin. L'apostolat chrétien est l'instrument principal du progrès et de la régénération des hommes ; lui seul peut les ramener à l'unité, en les réintégrant par la foi et la charité dans le corps glorieux et éternel de Thumanité ressuscitée, en la. personne du Christ, qui en est le chef ou la t^te.