‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 177 sur 199 · PARTIE PRATIQUA. — GRAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUA. — GRAP. X

Le devoir général de rhomme, membre du corps de rhumanité, et participant, comme tel, à la vie de l'ensemble , est de concourir de tout son pouvoir et selon sa position^ ê>n état et ses fonctions, au bien du tout et des parties : la première condition pour Taccomplissement de ce devoir, est de s*abstenir de toute action qui y soit contraire. L*homme doit justice à tous les hommes, parce que tous sont égaux en nature. Or la première dictée delà justice, c*est que les droits de chacun soient respectés , c'est que l'homme ne fasse point à son semblable ce qu'il ne veut point qu'on lui fasse , afin que la personne humaine soit garantie dans la triple manifestation de sa vie, dans son existence physique , intellectuelle et morale.

L'homme doit la justice à ses semblables , parce qulls sont de la même nature et soumis à une même loi de* vant laquelle ils sout égaux , et cette loi veut que l'être intelligent et libre se développe conformément à sa fin , et parvienne à la plénitude de son existence. Cette loi suprême est la volonté même du Créateur , qui a fait rhommeà son image, pour qu'il vive de sa lumière, de son amour et soit heureux. La justice entre les hommes est rapplication de leur égalité devant la loi. Chacun & ses droits , qui dérivent de sa nature et de ses

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besoins , et ainsi la justice s'exprime par la formnle générale : laisser à chacan cç qui lui appartient , ou rendre à chacun ce qui lui est dû.

Mais nous ne comprenons bien ce qui est dû aux autres que par le retour sur nous-mêmes , par la conscience de nos propres droits et de ce que nous souffrons quand ils sont yiolés ou méconnus. ^1 faut avoir été victime de rinjustice pour sentir et apprécier l'équité. De là, le précepte moral : Ne fais point à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse : précepte plus clair , plus à la portée de tous, que la formule abstraite de la justice , parce que , en nous ramenant à la considération de nousmêmes , à la comparaison de nous avec les autres , il nous aide h reconnaître leurs droits qui valent les nôtres^ et que, par la douleur éprouvée quand on nous ôte ce qui est à nous , nous jugeons de celle d'autrui dans le même cas. Cette maxime, qui est devenue un axiome moral, énonce donc à la fois la loi, et le motif qui porte l'homme encore grossier à l'observer. Elle est la base de la législation civile, qui, devant maintenir les hommes en paix au ^in de la société et dans leurs relations de tous les jours , leur interdit , au nom de la justice et de leur intérêt véritable , tout ce qui peut nuire à la personne humaine.

La première défense que la loi de justice fait à rhomme vivant en société , c'est d'attenter à la vie de son semblable : Tu ne tueras point. Tuer, c'est

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