‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 179 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X. S · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X. S

vie , si dure qu'elle soit; souvent même elle fait troùyer bonne rexîsienoe la plus chargée de tribulations. Celui qui pens6 à s'ôter la vie ne sait donc en aucune manière ce qu'il deviendra^ ce qu'il trouvera après la consommation de son crime. Ce soulagement ^ ce bien-être qu'il désire ou espère , est une chimère de son imagination maladci Bien ne peut le lui garantir^ et cependant il passe outre , il se précipite en aveugle dans un abîme dont il ne voit pas le fond^ Il agit donc de la manière la plus déraisonnable, sans motif, sans but, par un entraîne-^ ment aveagle et comme à l'aventure^

De plus, celui qui esp^ améliorer son sort, en se dé^ truisanti est dans une grande illusion. En effet , d'où pourrait lui venir l'amélioration qu'il cherche dans la mort? Qu'a-t-il fait pour l'amenei* ? S'en r^ndra-t-^U plus digne en commettant une dernière injustice ^ et pourrat-il réparer par un nouveau crime les désordres qui l'ont conduit à cette extrémité? Vous souffrez , tous êtes mé-^ content, dégoûté des hommes et de la vie, et vous Youlez vous l'ôter ? Pourquoi souffrez-vous ? Ne seriez-vous pas Tous-méme la cause de vos afflictions ? Tous tous plai«^ gnez des autres? Les autres ont-ils sujet d'être contents de vous? Qu'est-ce qui se plaint en vous? Une volonté désordonnée , qui n'a point été satisfaite dans ses désirs de gloire^ d'honneurs, de puissance, de richesses, de bien-être. Elle a voulu posséder, jouir sans fin et sans mesure dansée monde, et elle éprouve des mécomptes. La fortune trompe tos efforts , la gloire tous échappe , le pouvoir passe en d'autres mains, votre corps est fatigué, usé par la jouissance ou par la misère : ou bien, H. 38

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après roQs être rassasié de toates ces vanités , qai yods ont laissé Tide , tous en conGevez le d^oût , irons tombez dans le marasme , et ^oas dites : Je ne yeax plus yiirre. Vous songez à finir ! a^ez-Tous donc seulement commencé? Et croyez-vons trouver mieux en vous dépouillant de Totre enveloppe? Dites-nous donc à quel titre! Croyezvous , parce que vous aurez porté sur vous une main sacrilège, que les puissances du ciel et de la terre Tont se réunir pour vous ccmsoler, que les anges de IHeu vont s'approcher devons, pour vous soutenir dans votre diute? Croyez -vous que les afflictions de l'esprit soient attachées au corps , et qu'en Tétant comme nu vêtement souillé, on les secoue avec lui? Vos souffrances ont leur source en vous , dans votre âme , dans votre volonté perverse, et, quoi que vous puissiez faire, vous ne tuerez pas votre âme, vous ne lanéantirez pas; car Dieu Ta créée inexterminable, et , elle subsistera , comme vous l'avez faite ^ salie par le crime, {riieine de déûrs impurs , en révolte contre Dieu, et séparée de lui. Telle est l'affreuse réalité. Tont le reste est fantômes de l'imagination, comme le néant auquel le méchant aspire. Ce qui souille l'homme , dit la parole évangélique, n'est pas ce qui entre en lui , mais ce qui en sort; et ce qui sort de son cœur, ce sont les impuretés, les adultères, les vengeances , les homicides et toutes les horreurs que l'enfer y a versées. Voilà ce que tous ne changerez pas en quittant violemment la terre. Vous retrouverez toutes vos douleurs , parée que vous tous retrouverez vous-^mème et que vous êtes votre propre bourreau. L'enfer est déjà dans votre âme et vous en sentirez les tourments , partout où cette âme sera jetée ,

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