‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 183 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — CHAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — CHAP. X

déré dans ses conséquences. Quel rapport y a-t-il entre la mérité, la justice, le yéritable honneur, et la force du corps, Tadresse de Fescrime ou le hasard d*un coup de feu? On vous a donné un démenti ; soit. Est-ce une raison pour égorger un homme ou tous faire ^(HPger par loi ? A yezpYons menti , oui ou non ? Si tous avez menti , quand tous le tuerez , cela prouvera-tril que tous n*ètes pas an menteur, et tuerez^Tous la Térité aTCc lui? Mais il TOUS tuera peut-être, et ainsi, pour réparer l'affront dont TOUS TOUS plaignez, il y ajoutera un crime. Si tous n'aTcz point menti , la Tictoire ou la défaite de votre adTcrsaire prouTera-t-elle qu'il a eu tort? Il y a absurdité des deux côtés. C'est mettre l'équité à la pointe d'une épée , c'^etft remplacer le droit par la force , c'est dire que le droit du plus fort est toujours le meilleur ; c est reuTerser, aTCC la ^orajie , le bon sens et la ciTilisation.

L'a sojciété a-t-elle le droit d'ôter la vie à l'un de ses membres ? Oui y dans le cas de défense légitime^ quand son existence est meQacée par la violence: C'est alors un état de guerre qui entraine les conséquences de la guerre. Quant aux attentats jcontre les particuliers , bien qu'on puisse dire que la société est menacée^ frappée dans chacun de ses membres, cependant comme elle peut se préserver par d'autres moyens, 1^ peine de mort ne parait pas

autorisée daas ces cas par la nécessité de la défense. Il faut donc chercher la source et la sanction de ce droit terrible dans cette éternelle justice, qui dit à la conscienee de chacun qu'il doit lui être fait comme il a fait aux autres; que la peine et l'expiation doivent être proportionnées au délits et qu'ainsi cdiui qui a versé injustement le sang de son semblable, mérite que son propre sang soit versé. La peine de mort n'est donc légitimement applicable qu'à l'homicide volontaire, et dans ce cas la société frappe, non pour sa défense , non pour se venger ou terrifier , mais pour accomplir la loi suprême de la justice dont la puissance publique est l'instrument.

Un seul motif humain peut justifier le meurtre, c'est la défense légitime ; donc toutes les fois que la société est dans le cas de défendre son existence , elle a droit de tuer celui qui l'attaque au dehors ou au dedans. D'un côté comme de Fautre, sa sûreté étant compromise par la violence, elle repousse la force par la force. Le droit est évident, sauf certains cas qu'il est impossible de déterminer m abstracto , mais que la force des choses décide irrésistiblement. Il en est sous ce rapport de la guerre civile comme de la guerre étrangère : il y a des moments de transition entre le combat et la paix , ck le droit de la guerre reste incertain , où Ton se tient sur ses gardes , sans pouvoir désarmer encore. Dans ces temps , il est difficile de marquer où s'arrête la défense légitime, et

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