‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 185 sur 199 · PARTIE PRATIQUA. — GAAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUA. — GAAP. X

dangereai pour qu'on ait le droit de s'en défaire, personne ne sera plus en sûreté deyant un pouvoir ombrageux. On ne Ta que trop vu dans ces temps déplorables , où le sang le plus pur de la France a coulé par torrents sous le prétexte de la sauver.

On a dit que la société doit se venger du crime qui l'attaque, et l'on a mis en avant le grand mot de la vindicte des lois. C'est encore une notion fausse, d'où sort une conséquence cruelle : car l'absurdité en politique enfante presque toujours la cruauté; La société ne se venge pas ; elle n'a pas plus que l'individu le droit de se venger. La société a le droit de se conserver : elle a le devoir de conserver ceux qui dépendent d'elle , et pour cela , elle doit main-< tenir les passions, régler les intérêts, réprimer les crimes,

empêcher les désordres , veiller à ce que tous les citoyens observent les lois^ et punir ceux qui les violent. Mais la punition , pour être juste ^ ne doit jamais être une vengeance; car la vengeance est une passion humaine, qui ne s'inquiète point de la justice. Elle entraîne presque toujours à l'iniquité, et même , fût-elle juste dans ses motifs et dans son effets elle serait encore immorale , parce qu'elle n'agit pas selon la loi et dans l'intérêt de l'ordre, mais pour se satisfaire. En outre la vengeance est indigne de la société. Le fort ne se venge pas du faible , s'il a quelque générosité.

La peine capitale , dit-ôn encore, est justifiée par ses effets , elle imprime une terreur salutaire à ceux qui seraient tentés de commettre le crime, et que la menace de la mort retiendra. On peut demander d'abord s'il est permis de tuer des hommes pour en effrayer d'autres ,

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