‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 188 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP« X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP« X

mement privés de ce qu'ils ont acquis sous les conditions requises pour Taj^ropriation. Il est de plus un attentat à l'existence de la société^ qui ne peut se former^ se développer, et se conserver que par le respect de la propriété publique et privée. C'est à la loi civile de chaque peuple à prévoir, à prévenir et à punir le vol suivant la gravité des cas. Mais ici comme dans toutes les applications des lois humaines, l'esprit et la lettre de la loi se contredisent souvent, et les précautions contre le mal le font quelquefois abonder.

La société est vivement intéressée à ce que la propriété soit solidement garantie. C'est ce qu elle doit protéger le plus après l'existence des individus. La propriété est la base de rindustrie , du commerce , des arts , de tous les moyens de produire et d acquérir la richesse. Elle est le fond auquel s'applique le travail et ses ressources. Si elle n'est point respectée , si le citoyen peut craindre à tout instant de se la voir enlever, il en jouira le plus vite qu'il sera possible , lui arrachant à la hâte ce qu'elle a de plus substantiel par une exploitation grossière et mal entendue; nubien entassant le revenu, il l'enfouira dans la vue incertaine de l'avenir et pour le soustraire à la convoitise et à la rapacité des puissants. Dans l'un et l'autre cas, la propriété ne rendra pas ce qu'elle peut donner, et la source de la richesse sera diminuée ou tarie. L'avantage d'un bon gouvernement, qui maintient les droits de chacun et assure la justice à tous, c'est que tous

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toiles d'araignées , qui arrêtent les mouches et laissât passer les frelons.

L'homme^ arrivé à la conscience de lui-même, sent le besoin d'être nourri et fortifié dans son esprit. Ce besoin ou cette faim de l'esprit se manifeste d'abord par la curiosité ou l'empressement de voir, d'entendre, d'apprendre ; puis par le désir de la connaissance, de la science, par l'amour de la vérité. La vérité, et la parole qui l'exprime, est la nourriture de l'intelligence, comme la substance physique est l'aliment du corps. Mais la parole humaine, qui affirme la vérité, peut aussi la nier. L'homme peut volontairement mettre sa parole en opposition avec ce qui est et existe. Alors il parle faux , il rend faux témoignage , et cette fausseté du discours, reconnue et voulue, constitue le mensonge. Le mensonge est donc toujours un mal, en tant que négation de la vérité.

Il y a deux manières d'attenter à l'existence de la personne spirituelle , de l'bomme-esprit , soit en le frustrant de la nourriture qui lui est nécessaire pour vivre et se développer, soit en lui en donnant une mauvaise qui le rende malade ou le tue. Celui qui refuse sciemment la parole d'instruction à son semblable, se rend coupable du premier crime : communiquer avec intuition

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