PARTIE PRATIQUE. — CHAP. X
r esdayage ! Mais de nos jours le crime est plus odieux et le scandale plus grand : car le monde a vécu deux mille a.rfts de plus , la parole de la vraie liberté lai a été annoncée, et ceax qui oppriment ainsi leurs semblables, pour s'engraisser de leurs suears, sont des chrétiens affranchis par la croix de Jésus-Christ. Une telle liberté n'est ni vraie ni solide : elle glissera dans le sang des oppresseurs, mêlé au sang de leurs victimes, et Ton peut prédire que l'esclavage aux États-Unis amènera quelque jour une épouvantable catastrophe. L'une des deux races exterminera l'autre ; car, au point où en sont les choses , dans plusieurs coDtrées, il n'y a plus de fusion possible, et l'affranchissement des nègres , par des moyens doux et successifs , est devenu tout aussi impossible. C'est le propre d' un état contre nature, de ne pouvoir cesser que par des remèdes pires que le mal. D'un autre côté, ceux qui ont embrassé avec ardeur la cause de l'abolition de l'esclavage , y mettent peut-être un zèle qui n'est pas toujours selon la science. L'indignation du cœur est souvent obligée de se contenir devant la force des circonstances. Délivrer subitement des e^laves , sans les préparer à la liberté par un état intermédiaire, ce serait déchaîner des bétes féroces; car ces hommes abrutis par la servitude ont toutes les passions de l'animal. Il faut donc conmencer par les civiliser, par les moraliser, il faut leur donner l'instruction chrétienne , leur annoncer et leur faire goûter la parole divine. La religion de Jésus-Christ peut seule les humaniser avec le temps. Qu'on imite aujourd'hui la sagesse de l'Église des premiers siècles en des circonstances analogues. L'Apôtre avait dit : Tous les hommes sont égaux
. rtauxovniR morale.
ét^ê^ JNw» ^^ ^^ ^^^^ point aeception des personnes ; depH» giiele Cfarist est mort pour tous, il n'y a plus ni fiitc ni barbare , ni libre ni esclave ; il n'y a plus qae des iiommes capables de devenir enfants de Dieu , parle sàBgrégénér&t&ar du Dieu homme. Et cependant l'Apôtre a dit aussi : Que chacun reste dans sa condition et accomplisse les devoirs qu elle lui impose. Un des esclaves d'^papbras s'échappe et vient se réfugier auprès de Paul à Borne ; il est renvoyé à son maître avec une lettre qui l'engage à traiter son esclave fugitif comme il convient è un chrétien. L'esprit de Dieu n'agit point violemment ai par secousse. C'est un esprit de sagesse , qui dispose tout avec force , mMs avec douceur, préparant toujours dans les volontés humaines les événements , les changements , les révolutions qu'il veut amener. Voilà la vraie manière d'amender les hommes , de les perfectionner, de les rendre plus heureux. Alors les ^iméliorations persistent et 86 développent, parce qu'elles ont leur fondement dans les âmes, où une semence de bien a été implantée. t^Hprit propre de l'homme, au contraire, agit surtout ptr le dehors, et la violence est son principal moyen. Il bouleverse, ravage, subjugue : c'est un torrent qui renvtr»e tout sur son passage, qui niveUe tout par la destm^Uon , mais qui s'épuise bient4t par sa violence même, ^ m Uim que des raines.