‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 193 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X

Si un individu humain ne peut être possédé et exploité comme une chose , sans outrager l'humanité^ à plus forte raison un peuple. Les sujets ne peuvent, en aucun cas^ être la propriété des gouvernants > et la fin du pouvoir politique n'est ni l'intérêt ni la gloire de ceux qui en sont investis^ mais l'avantage et le bien-'étre des gouvernés. Le despotisme > qui subordonne l'intérêt commun à un intérêt privé > et pose en loi la Volonté d'un seul ou de quelques-uns, est donc un attentat contre l'existence morale de la société et de ses membres. Les anciens regardaient la tyrannie comme le plus abominable des crimes. Il ne faut pas confondre le despotisme avec la monarchie pure, qui , dirigée par la justice, n'a rien d'attentatoire à la liberté de l'homme.

Après fexploitation de l'homme par Thomme dans Tesclavage , le despotisme est le plus grave attentat contre la liberté) parce qu'il tend à la dominer par une volonté humaine qui , comme telle et en son propre nom , n'a point le droit de loi commander. Le despotisme est donc, comme F asservissement, un abus de la force : il ne peut aussi se soutenir que par la force , et il établit un état contre nature , qui finit tôt ou tard par une violente

réaction. Le despotisme n'est jamais fondé en droit, même quand il parait motivé par les circonstaDces , quand il est accepté par la lâcheté des peuples. Il n'en est point ainsi de la monarchie pure , ou du gouverne* ment d'un seoL C'est une forme gouvernementale comme «ne aotre, qui a son temps dans l'histoire de presque tous kB peuples, et par conséquent une bonté relatiTC. La ■umarchie pure est à certaines époques le seul gouver-^ «enent possible, soit àTorigine des nations , quand elles sont administrées comme une famille et que le pouvoir politique doit aYoir à la f(H8 la force, la latitude et la liieoTeiUuiee de l'aiil^Nrité paternelle; soit dans les grands éugeiB de FÉtat qui demandent une décision rapide, de k fenneté et de Fonité dans Faction ; soit après les lêfolutions , quand Fanarchie a tout dissous, et que la aodélé âMnodée, décbirée par les partis, a surtout besoin dTiine TokMté forte et d'une main puissante pour la raffermir sur sa base. Alors, le pouvoir absolu, s'il est juste, est excelleat coomie transition. Sans doute Fhomme invesli d'un tel pouvoir risque fort de s'exalter dans sa xolonté propre, de la substituer à la justice , et de con^ fondre sa grandeur et sa gloire avec l'intérêt et le bien dn pa>s* La pente est glissante, la tentation forte , et il fiint une conscience bien délicate, un sentiment vif de Féquité , une grande crainte de Dieu et de ses jugements pour ne point se laisser entraîner. Aussi est-ce aux princes, qui ont su se contenir et respecter la dignité humaine au milieu des séductions d'une puissance sans limite , que les peu^es accordent le plus Yolontiers leur «dmiraliou ou leur amour. Charlemagne , saint Louis,

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