‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 194 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP. X

Loais XII , Henri lY, Louis Xiy>. Napoléon , ont rendu d'immenses services à la nation française et à la civilisation moderne par Texerdee glorieux du pouvoir absolu, et malgré des faiblesses propres au cœur humain. Certes il n'y aurait point de plus beau speetacle sous le soleil , qu'un homme élevé par la Providence au-dessus de ses semblables, revêtu d'une autorité indéfinie dont il n'abu-^ serait point et qui , sachant gouverner les autres parce qn*il saurait se gourerner lui-même , n'emploierait sa* puissance, ses lumières, sa force et toutes ses res-sources qu'à faire le bonheur de ses sujets, en les ren-« dant plus éclairés, plus civilisés et plus vertueux. Ce serait certainement l'image la plus brillante de Dieu sur la terre, et dans un tel souverain resplendiraient vraiment la majesté divine, et ce je ne sais quoi de sacré que l'Éternel, dit Bossuet , imprime au.front des rois. Telle doit être la Yéritable royauté , pâle reflet ou vestige presque effacé de ce que l'homme était primitivement pour le monde, qu'il devait régir, cultiver et développer comme lieutenant du Créateur sur la terre. Choisie de Dieu pour le représenter parmi les hommes -, exaltée quelquefois par les événemenits les plus extraordinaires, qui la font surgir des derniers rangs de la société ; soutenue par la main de la Providence au milieu des attaques et du choc des passions humaines, jusqu'à ee qu elle ait accompli sa mission et se soit justifiée par sa grandeur, par ses bienfaits, par l'impulsion qu'elle donne à son siècle , la royauté, pour être absolue, n'en est pas moins, quand elle est juste et soumise à la loi de Dieu, ce qu'il y a de plu»

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alableet le sentiment de la Térité. Ainsi naît la foi Tirante, qui se compose toujours d*un sentiment comme base , et du consentement de la volonté , comme manifestation. La foi a toujours un double [Nrincipe, l*nn objectif, la pande proposée ; Tautre subjectif , le sentiment de la parole. En l'absence du sentiment y il peut encore y avoir une espèce d'adhésion à la parole, acceptée de confiance, parce qu'une autorité respectable Fimpose. Dans ce cas on n'adhère point par le fond , mais superficiellement : c'est un acquiescement à des motifs purement rationnels ; c'est la forme ou l'apparence de la foi, qui pent aToir son utilité et son mérite dans certaines circonstances , comme préparation, mais où l'homme ne doit point s'arrèter ni se reposer; car, être intelligent, il a besoin de la lumière divine et ne peut dignement vivre sans elle : être. libre , il a toujours à donner ou à refuser son consentement.

L'attentat contre la foi vient, surtout de ce qu'on en méconnait la nature. La regardant comme une chose extérieure , une formule à prononcer, des paroles à répéteur, des pratiques à accomplir, on croit fiidle de Fimposer, de la modifia ; et quand les Tolontés s' j refusent, on s'imagine pouvoir les y contraindre par des moyens yiolents. Peut-^tre arrachera-t-on à la crainte ou à la douleur, par des menaces ou des tortures , un signe, un mot, un mouTement, une apparence de consentement, mais de la foi jamais ; car la foi implique le sentiment du vrai, la réaction libre du cœur, et ces choses-là ne se forcent point. Il est donc aussi absurde de prétendre imposer la foi, que de vouloir enchaîner la liberté dans

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