PARTIE PRATIQUE. — CHAP. X
pressantes de la nature, dans les maladies longues et qui exigent beaucoup de soins , ou dans la dépravation amenée par rhabitnde de céder aux penchants grossiers, la pudeur s*affaiblit, se perd et Thomme devient presque semblable à la béte. Elle est au contraire entretenue par tous les sentiments honnêtes , et surtout par la foi religieuse qui Tépure. Ces deux sentiments s'associent merveilleusement et tendent au même but; ils détachent le cœur des choses sensuelles et terrestres pour le mettre en rapport avec la vie spirituelle et divine. Aussi leur destinée en ce monde est commune ; ils se développent, croissent et meurent ensemble. Là oii la foi s'affaiblit, la pudeur^s' altère , et l'homme perdant peu à peu la conscience de ce qu'il est, à mesure que son rapport avec Dieu languit, retombe dans la grossièreté de l'existence animale. Il perd cette fleur de sensibilité , que le moindre souffle d'impureté ternissait , et son front ne connaît plus la rougeur des choses déshonnêtes. Quand la pudeur disparait, la foi est menacée , et l'entrainement de la sensualité est ce qu'il y a de plus contraire à l'élan de l'âme vers Dieu. Bien n'est donc plus à ménager dans l'intérêt de la dignité individuelle et pour la moralité publique, que le sentiment de la pudeur. Dans l'enfance, dans l'adolescence surtout , il doit être excité et garanti avec une grande sollicitude. Il faut peu de chose pour le faner dans sa fleur, pour le dessécher dans sa racine ; un seul acte, une seule parole peut l'étouffer. Offenser la pudeur est donc toujours un grave attentat à la dignité, à la sûreté de l'âme humaine. Il y a mille degrés dans ce m^l, depuis les plus grossières violences, jus-
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qu*aax paroles à double sens et aox allasions iooonvenantes.
La personne morale peut encore être lésée dans sa réputation ; et pour les hommes Tivant en société^ c*est nn grave dommage, qui détruit en grande partie le bienfait de Fassociation , en la rendant pénible et même hostile. Autant la communauté est douce et profitable, quand les membres unis se soutieonent mutuellement , autant elle est troublée et préjudiciable, quand ils sont ennemis, ou du moins sans lien d'affection ou d'estime. Alors c'est presque l'état de guerre, et une guerre d'autant plus dangereuse qu'elle est intestine, déguisée sous les apparences de la paix et qu'il est impossible d'y échapper. Or, uu des liens principaux de la société, c'est la bonne opinion que les hommes ont les uns des autres , ce qui constitue la réputation de chacun. Nous ne considérons point en ce moment comment se forme cette réputation dans les sociétés trèSiK^ivilisées, ou si l'on yeut, très-oorrompues ; il; a bien des manières de la faire , surtout aifec la liberté de la presse et les journaux. Il y a des réputations factices , usurpées, comme il y en a de vraies, de méritées. Quoi qu'il en soit, la réputation de chacun est un bien qui lui appartient; car elle est le fruit de ses œuvres, un produit de sa liberté , et il doit en recueillir les avantages et les inconvénients, La réputation est à l'existence morale ce que l'atmosj^ère est au corps, un rayonnement, une sorte d'auréole qni nous entoure, par laquelle notre vie s'étend , et où nous sommes plus ou moins susceptibles d'impression. Par l'opinion que nos semblables ont de nous , par le prix que nous y attachons