‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 20 sur 199 · Partie théorique. — ghap. i · texte numérisé non relu

Partie théorique. — ghap. i

affecté que ïàme ne le ressente à son tour, parce qu'elle est répandue et l'anime dans toutes ses parties. De \k rinfluenLce réciproque du physique et du mcMral. H importe donc à l'avancement et au bonheur de l'homme, que les termes qui le constituent soient bien ordonnés entre eux ; car ils ne peuvent fonctionner convenablement qu'A cette condition , et il n'y aura d'harmonie et de paii dans l'existence que par là. Sinon, au lieu d'unité vous aurez la discorde, au lieu de la sympathie Tantagonisme , le désordre en place de Tordre, et tout sera bouleversé dans la personne , parée que le rapport naturel des éléments sera troublé.

Cependant ces trois ternies ne font qu'une seule personne, un seul moi , et chacun des trois se manifestant par des puissances, des facultés et des fonctions, toutes ces choses doivent s'accorder, pour qu'il y ait unité dans l'existence. Il faut donc dans la sphère de la personnalité une autorité suprême , et c'est è la volonté qu'elle appartient. La volonté est le chef ou le souverain dans tout ce qui tient à notre personne ; ear c'est die qui prononce le oui ou le non final pour accepter ou pour agir. Rien ne se fait en nous sans son consentement ou son ordre. L'esprit , toutes les facultés, inteUigence, raison, entendement, imagination, mémoire , sens , sonti son service. Toutes contribuent à Tinstruire, afin qu'elle puisse décider avec connaissance de cause. Elle est le centre d'où part le rayonnement et où tout converge. Elle se sert des autres facultés <!omme un roi de ses ministres, d'abord pour s'informer, pour délibérer, ensuite pour agir ; car elle ne peut rien exécuter et réaliser sans la

QH PHILOSOPHIE MORALE.

p^oai^ de re$prit ou Voetion du corps. Mail raslgré cette niaff»Hé , elle nt indépendante de oe qai est au-4esso«9 d'etU t daoB UQ acte unique , celui ju^tenjeut par leqae) eVe ^t souveraine, savoir l'acte du choix et de la èéâtwn- On t été ohercber bien loin le module du goavemeiB«tit constitatioBncI , et il est tont donné dans la personnalité humaine. Le roi eonstitutionuel est la to- )9Bté de l'homme, qui décide en dernier ressort af^ès qne les facultés délibérativee et judiciaires ont donné leur avis; son v#to arrêts tout , et son eoDEent«meot seul rend les choses exécutables. I^'anatogie est d'autant plus exacte, qu'il n'est point nécessaire, dans un tel gonTcmoielaeat , que la souveraineté soit le produit de la volonté populaire et parte d'en bas. La volonté dans l'homme ne tire sa prorogative ni du corps , ni de l'esprit , ni de leurs paissances; elle la tient de sa nature, de son rang, de son origine et de ion rapport immédiat avec son principe. SllereçQitde cette source «jivine son autorité et la toi qm la règle. Dans ee n^port supérieur naît et meurt sa mhiveraineté. La volonté, qui relève de Dieu seul , ne peut fégqer légitJipemeat qu'en ion nom , et si son droit c«t d'appliquer lu-dessous d'elle l'autorité dont elle est inveslie , BOQ premier devoir est d« reconnaître k soa tour BQ dépendante et de rendre bononage à oelui par qui elle «flt. Elle peut Être coupable de deux manières, en ne sachant point obéir et en ne saohant point commander. lier CBS elle manque i Diea ; dans le second à sa destination , à sa nature et à ce qui is d'elle; car l'ordre ne peut subsister mandement, sans une direction , sans une

PARTIS THÉOBIQUE. -^ CHAP. I. 69

déftermimtion préeise de ee qu'il fiuit foiic ou ne pas fure. Si par la faibtewe de la ^donté la soayeniiMté dé* faille j les autres facultés se cbsputent le poavinr^ et IV nardne est dans la perseunei Alors <Ai Teut el ciD ndyeuf pas I on délibère lougdeHMUt sans rien résoudre ; on dk-* cnte^ on pstlé beaucoup et ou n^agit point ^ e« bieli les résolution^ et les actes left plus éonttaivés se suosMenfe et te dëtnmènt^ La puissance de la v4»loQté est te Irail principal du caractère bUuMin , parce que rbosMW est* fait pour cOtttmander ; nais^ par edà mAme qu*tt a M Mtf il ne peut commander en son âoib , et ainsi ridéol du ci^ ractère, de la perfection de la volonté est de savoir ordonner au nom de celui dont l'homme tient la place i, et conformément à sa loi. Il ne s*agit pas seulement de vouloir avec suite et persévérance^ ce qui peut être de FiD^niâtreté tout ausn bien ^uo de la fevmeté) il faut vouloir ta qui est bien, ee ^ui est juste^ ce qui est vrai 5 vouloir Avec intelligence et libwté ^ avec là oqd« naissance de ce qpie Dieu veut et le désir siueèse'de Tao^ compUr» U faut en ua mot qtfe la vdonté dans Féiercsûo de sa puissance, dans son eboix i soit toujours iaspiifée>^ dirigée par le respect de la loi souveraine^ pwr VadiOul de la voloQté divine. Une foia ma à Dieu par l'obser* vation de la loi ^ Thomme sera facilemeait en htattOnio avec ses semblables f car Tanour de Dieu engendre IV monr du prochain ; Ù sera en harmonie avec luirmâmei et toutes les parties de son existence seront régtUaris^ et bien ordonnées. La haute lumière de T intelligence lui arrive toujours par un cœur pur ; elle se déverse de Fintelligence sur la raison, qu'elle élève à sa plus haute

puissance y en loi donnant , aTec les idées supérienres, les principes et la mesure des choses. La raison , à son: tour, exerce son empire sur les facultés moins nobles , discipline le corps et le maîtrise aisément, quand elle est à sa place et soumise à son antécédent. Ainsi descend et drcttle dans l'existence humaine la Yie véritable, prise à sa source par la volonté unie à Dieu , et de la volonté passant à travers les puissances pour les vivifier et les harmoniser, les rattacher toutes au centre de la personnalité, suspendue elle-même au trône de rÉternel par Fûidestructible anneau de Tamour.

§ te.

Si^ eomme nous l'avons montré y la loi est l'expression vivante de la volonté souveraine, le rapport du supérieur à l'inférieur ; il suit, d'une part que l'homme ne peut se donner la loi à lui-même, puisqu'il ne peut être à la fois son supérieur et son inférieur, et de l'autre, que l'homme étant l'égal de l'homme par nature, n'a point le droit d'imposer sa volonté comme loi à son semblable. L'autonomie ou l'indépendance absolue de la volonté humaine est donc une chimère ; elle n'appartient qu'à Celui qui a en lui-même la source de la vie^ et qui ne relève de personne-

Page 1