CHAPITRE IL
Déi^eloppemçnt de la conscience morale^ ou cornment nous acquérons la connaissance de la loi.
Ce qui dUupgue éminemmi^t l'homme des autres êlres de ce monde y c'est la faculté qu'a son esprit de se replier sur lui-même, de rentrer en lui et de $e réfléchir pour se connaître et connaître la loi de son existence* Cette loi y une dans son principe et dont la fio est toujours le plus grand bien de l'individu et du genre, se manifeste, comme nous layons vu^ sous la triple forme de la loi phy^ stque pour le corps, de la loi logique pour Tesprit, de la loi morale pour la yolontë, La faculté, par laquelle i)Oua arrivons à la connaissance de nous*» mêmes çt de notre loi s'appelle en général la coikscience, , et spécialement la conscience morale^ quacid il s'pgit de l'application de la loi à l'exercice de la vQlonbéy ou du discernement et du choix entre le bien et le mal moral.
La connaissance de la loi est la seconde condition de
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la moralité ; car nul n'est tena à observer une loi qa'îl ignore, et c'est pourquoi la promulgation des lois est une partie essentielle de la législation. Là où il n'y a point de loi, il n'y a point de délit. Le péché dérive de la science du bien et du mal, et quand rien n'est défendu, tout est permis. G*est la loi qui a fait le péché , dit saint Paul, et je serais sans péché si j'étais sans loi (Rom. vu, 7 ). Que la loi a toujours existé, nous venons de le voir en exposant cette loi-principe, qui n'est écrite nulle part en lettres humaines , et qu'on retrouve en caractères vivants dans tontes les créatures. Tout est soumis à cette loi universelle, qui rattache chaque existence au Principe des êtres, et en fait une expression générale, spéciale ou individuelle de la souveraine volonté. En d'antres termes, tout ce qui existe, ayant une fin marquée dans le plan de la Providence, est ordonné pour cette fin, et la loi est ce qui ordonne ou dirige le développement de l'être vers sa destination ( S. Thom. Sum. De legibus ). Mais tous les êtres de ce monde ne connaissent pas la loi, parce que tous ne se connaissent point eux-mêmes. L'homme senl sur la terre jouit de cette faculté, parce qu'il est înlelltgmt : elle le distingne des animaux, qui n'ont ni raison, ni liberté, et elle fait à la fois sa grandeur et sa misère; car si d'un côté elle Télève dans l'échelle des êtres, enl'assimilant aux anges et le rapprochant de Dieu, de Fautre elle lui donne le moyen de se d^rader par le péché , de tomber au^essous de lui-mèaie en violant sa loi, et ainsi de devenir coupable et malheureux. Cette faculté loi impose une responsabilité dont les autres créatures sont exemptes.