PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. II
Nous n'expliquerons pas ici ce qu'est f intelligence. Noos l'ayons exposé longuement dans la psychologie expérimentale et nous 7 renvoyons le lecteur. Nous rappelle*rons seulement le sens étymologique du mot intèUigerey légère inter, légère intus , Ure entre ou dans , discerner,, distinguer, analyser, etc. En sorte que Fêtre intelligent est celui qui, ayant vu les choses parle regard delesprit, peut les distinguer, les discerner entre elles , apercevoiir leurs rapports et en faire le triage ou la séparation d'après one mesure ou un modèle. Mais, si Tesprit voit d'abord les choses hors de lui , c'est en lui seulement qu'il peut les analyser, les comparer et les juger, et par conséquent Tacte intelligent a deux moments : le regard se portant vers l'objet qai affecte, pour le voir et le conteanpler, puis revenant sur lui«-mème , se repliant dans l'esprit pour revoir en lui ce qu'il a vu au-dehors, et s'approprier par la r^exion les résultats de la vision ; ce qui forme la cou*science et la connaissance. Or, parmi les esprits de ce monde, l'esprit humain est le seul capable de ce retour sur lui-même, de cette réflexion en lui et par lui; lui seul aussi a de la science. Il y a des esprits de tous les degrés : car il y a de l'esprit partout oti il y a de la vie, la vie ne pouvant se transmettre et s'entretenir que par la communication d'un esprit vivifiant. Il existe un esprit dans le v^étal , dans l'animal ; il y a même diverses sortes d'esprit dans les hommes. Mais, ce que saint Paul dit de la chair, nous pouvons le dire de l'esprit : autre est l'esprit de l'homme, autre l'esprit de l'animal, autre l'esprit du v^étal. Il y a des esprits intelligents et des esprits qni ne le sont pas. Les premiers ont la propriété de se
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eonnaltre eax-mèmes et œ qui ks affecte, par le repliement de leur regard sur eux ou par la réflexion , ce qui eonstitae lear entendement et leur conseienee ; par là ils se diBtingaent du monde extérieur et posent en eux et autour d'eux un monde propre, qui devient la sphère interne de leurs pensées et de leur volonté. D'où vient à l' homme cette puissante faculté, autrement pourquoi est«il intelligent? parce qu'il est homme, c'est-à-dire créé à 1* imagede Diea et en portant laressemblanoe dans sa personne. Sa conscieDce ou la faculté qu'il a de se connaître dans l'image de laimème, est le reflet de l'acte intelligent de l'être iofini, qui s'engendre ét^nellement en se connaissant Mais entre ces deux actes il y a la diffâ%nce de l'infini m fini, dn créateur à la créature : le premier reproduisant par une génération substantielle le sujet-Dieu en Dieu-objet, le second ne donnant qu'une image et comme une ombre dn sujet fini, parce que la créature, qui n'a point la vie d'elle-même, ne peut ni s'engendrer, ni créer.
Néanmoins, malgré l'immense distance dé rintelUgenee humaine à lintelligence divine, de la conscience de r homme à celle de Dieu, il y a encore dans cette faealté de nous connaître une puissance admirable, qui nous met hors de ligne dans le monde que nous habitons. Par elle nous dominons ce monde, en nous en séparant, en noos y opposant, en ne mêlant point notre vie à la si^ome, comme la bête , que l'esprit terrestre anime et dirige. L'esprit de l'animal, au moins dan» ceux qui semblent les plus intelligents, comme on dit, est cependant susceptible d*un certain degré de connaissance , de la connaissance purement sensttive. L'animal voit , entend, sent à sa ma-