‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 25 sur 199 · PABTIB THEORIQUE. *— CHAP. II · texte numérisé non relu

PABTIB THEORIQUE. *— CHAP. II

pensant se connaisse et exerce sa pensée , sans pressentir et soupçonner la loi de la raison. Il est impossiMe qae la Tolonté agisse avec la conscience de sa liberté, sans pressentir la responsabilité qu'elle entraîne ; et , par le fait même de la délibération et du choix , Tétre libre est amené à concevoir nne règle à son activité , nne mesare on nne loi de ses actes. Le pressentiment de la loi morale scMTt donc nécessairement de la conscience logique, on de la connaissance et de la possession que Tbomme prend de Ini-mème par sa pensée. Voyons comment ce pressentiment devient conscience et connaissance. Au degré delà conscience instinctive, l'enfant se distingue des antres êtres par sa forme extérieure et son individualité : les jugements qu'il forme alors, non en langage articulé, mais par ses mouvements et ses actes, sont l'expression de ce qu*il sent et le produit de Tinstiiict physique ; ils expriment la manière dont les choses l'affectent, et si dles sont bonnes ou mauvaises pour lui , par leur convenance ou leur disconvenance avec son organisme. Jusque là il n'y a rien de moral. Dès qu'il commence à parler, et ainsi à réfléchir sa pensée et à se penser lui-même, il voit en lui ce que tout-à-rheure il sentait, le rapport des objets à son existence ; il discerne eeqni lui est utile, après avoir goûté ce qui lui est agréable. La raison ou la faculté de penser , tant qu'elle est livrée à elle-même , ne connaît que la loi logique , dont die ne peut pas ne pas acquérir la conscience en acquérant la conscience de sa pensée. Mais ici encore il n'y a rien de moral , car la loi morale n'a point été posée, promulguée. La raison n'a en effet que le pouvoir jn-

86' PHILOSOPHIE MOÀALE.

diciiiire, toujours subordonné à la puissance légtslatriee. Elle n'a point TinitiatiTe, en ce qui concerne la conscienoe morale. Elle ne pourra porter des jugements moram qa'aprës que la loi morale lui aura été annoncée. Alors elle appréciera les actions humaines selon la connaiflsanoe quelle aura de la loi, et suivant qu'elle comprendra mieux Tobligation de l'accomplir et de la faire observer. Comment commence-^t-elle à la connaître , ou comment la loi morale se révèle-t-elle à la raison? voilà la qnesition.

Cette question, comme toutes les questions d'origine, ae résout par l'application de la loi universelle de la Yie dans la créature. Le développement de l'être créé , sons quelque forme qu'il s'opère , ne se fait jamais de soimême ou spontanément. La vraie spontanéité n'appartient qu'à Celui qui est par lui-même , ou qui a en lui la flonroe de l'être et de l'existence. Nous ne commençons à vivre que par Taction prévenante de Celui qui nous a créés et qui nous vivifie. Kotre action première n'est jamais qu'une réaction, analogue à l'action qui la pro- Toque et la soutient. Donc, comme il a fallu une influence physique préalable pour exciter en nous la Tie organique; comme une stimulation spirituelle est nécessaire pour évàller notre esprit et le faire passer de puissttMM en acte; en d'antres termes, c#mme il n'y a point de génératioii sans iéeondation, pohoit de développement intelleetuel sans instruction; ainsi, bien que nous ayons la capacité morale, et que dans notre intelligence •t notre liberté d<^ en exercice soient toutes les condi- VàM de la moralité , néanmoins, pour que cette ciquici

Page 1