‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 26 sur 199 · PARTIE THEORIQUE. — CHAP. II · texte numérisé non relu

PARTIE THEORIQUE. — CHAP. II

se réalise etqne ces conditions s'accomplissent, fl faut qa'nne action moralisante pénètre en nous, et, par la parole on tout autre moyen , dégage la loi morale virtuellement contenue dans notre nature intelligente , d'abord en Tannonçant, en la posant objectivement devant nos yeux sous une forme sensible , en caractères extérieurs , puis en nous l'imposant avec autorité , avec la sanction de la récompense ou de la peine. Il en va de la conscience morale comme de la conscience logique, où 1 enfant se connaît par le dehors avant de se connaître par le dedans. Il reconnaît aussi la loi morale, par Textérieur d'abord , telle qu'on la présente à ses sens , enviroimée de lappareil de la force qui en confirme^ lobligation. Pendant long-temps, il ne sent le mal qu'il commet en violant la loi que par l'expérience ou la crainte de la peine physique que cette violation lui attire, comme aussi il ne connaît le bien de l'avoir accomplie que par la jouissance ou l'espoir de la récompense. Ainsi va Thomme depuis que la nature physique domine en lui la nature psychique. On ne peut arriver à ocUe-ci que par ceUe-là , et il faut sans cesse pactiser avec la première pour développer la seconde. Une erreur commune de nos jours, et dans tous les temps où la raison vise à l'indépendance, c'est de croire que la moralité se forme toute seule chez les hommes , et qu'il suffit pour l'acquérir d'écouter la conscience et de lui saivre. Bien ne se fait de soi-même, ni dans l'homme ni hors de l'homme. L'intelligence et la volonté ne se développent point sans instruction, sans éducation, sans discipline. On ne sait que ce qu'on apprend, et

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