‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 29 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — GHAP. II · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — GHAP. II

intérêts de la terre ; et alors , ou ils oublient Dieu toutà-fait, ne se tournant jamais vers lui, ne réagissant point à son influence , ou s'ils ont de la foi, ils accomplissent quelques pratiques religieuses, comme pour rendre à Dieu ce qui loi est dû , mais ils n'entrent jamais dans ce sanctoaire de leur cœur où Dieu habite , et dans lequel se révèle la Yie divine. On ne parvient à cet état que par des épurations successives, c'est-à-dire en se détachant des choses créées pour ne plus vivre qu'avec le créateur et pour lui. C'est ce qui fait la voie de la mortification, avec les moyens et les degrés de la discipline ascétique. Ici eoeorese présente une distinction. Ily ades Ames simples, pures, qui reçoivent l'action de Dieu, jouissent de sa grâce et réagissent pleinement vers lui , mais sans se réfléchir , et ainsi sans acquérir une conscience claire et uoe counaissance nette de ce qu'elles éprouvent. C'est la coDscienoe instinctive dans la sphère supérieure ; c'est l'état de foi où le sentiment domine l'intelligence , et qui conduit plus à la pratique qu'à la science. D'autres, éclairées par la lumière d'en haut , ont la faculté de voir en elles , sous une forme ou sous une autre , ce qu'elles éprouvent, l'action qui les modifie, l'objet divin qui les toQche. Dans ces dernières la conscience se développe davantage, et elles acquièrent une science plus profonde de Dieu et d'elles-mêmes. C'est par ces Ames que Dieu se fait ordinairement connaître aux hommes. Elles sont les or-^ ganes de ses révélations , les hérauts de sa parole, les iostruments de sa puissance, ses ambassadeurs ou ses anges auprès de l'humanité. Tels les Prophètes, les Apôtres , les Évangélistes , les Saints , tous ceux qui,

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de bon pour le corps, \ient de lui et est un moyen de communiquer avec lui. Mais cette communication doit deyenir directe, immédiate, en sorte que le besoin profond que Tâme a de Dieu soit vraiment satisfait , et que , par Faction de Dieu en elle, elle goûte la vie divine, plénitude de son être et consommation de son développement. G*est ce qu'on appelle proprement la vie de Tàme , la vie intérieure, la vie religieuse par excellence, on encore la vie mystique de l'homme, la vie cachée en Dieu. Cette vie, qui nous parait extraordinaire, surnaturelle dans notre condition présente, est cependant celle qui convient le plus à l'humanité, celle que sa nature foncière demande, qu'elle vivait dans l'origine avant le péché, quand elle conversait avec Dieu, et qu'elle est appelée à vivre éternellement lorsqu'elle sera rentrée dans son rapport véritable avec son auteur. Elle peut déjà la commencer sur la terre , en écoutant la voix de Dieu qui rappelle, en suivant les inspirations et la direction de la religion , chargée de l'y conduire. Tous les hommes ont besoin de ce rapport; car tous ont une &me, et l'âme ne peut vivre comme il lui convient sans communiquer avec son principe.

Pour que le rapport immédiat avec Dieu s'établisse , il faut que Yùme ne soit point absorbée par les autres relations : autrement elle est toute remplie de ce qui n'est pas Dieu; l'action divine n'est point attirée ni reçue avec amour , et la vie , s'exerçant à un degré inférieur, tombe , pour ainsi dire , dans l'esprit et dans le corps. Ainsi vivent la plupart des hommes, dans leurs sensations, dans leurs pensées, dans les affections et les

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