‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 32 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. II. I · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. II. I

réaction plus profonde , et de la sortira son développement iûtellectuel et moral. La parole eet le moyen de la communication des esprits. Bci qo'elte est comprise, UQ rapport spirituel s'établit entre celui qui parle et i qui entend ; il se forme entre eux un monde d*in* igence et de moralité. AnparaTant la parole n* était poar l'enfant qu'un son , un brnit : il n'en percevait que la forme , Tesprit lui échappait. La première fois qu'il a reça le sens de la parole, une lumière nouvelle est entrée dans les ténèbres de son entendemoit. Un fiât lux s'est opéré en loi , et son monde spirituel a commencé à se for* nier^ à s organiser. Dès ce moment aussi, il a vécu d'une aatre vie. Il s'est posé en être pensant , car il a saisi la pensée d'autrui : il s'est constitué en être voulant, car il a senti en face de lui la volonté d'un autre , et le moi se pose à tous les degrés par l'opposition du non-moi. Ce qui était en lui virtuellement s'est réalisé. Il est de- Tena une nouvelle existence , et par conséquent il faut Qoe nouvelle manière de le traiter et de le diriger. Tant qu'il a vécu comme Tanimal, la loi ne pouvait le gouverner que par des moyens analoguc.s , savoir la force passive ou active , aidée dû plaisir et de la douleur. Mais un être raisonnable ne se laisse point conduire de la sorte; il faut un autre mobile pour le pousser, un autre frein pour l'arrêter : la loi doit se produire ici sous une forme différente. Entre les esprits elles volontés ce n'est plus la force qui décide; elle est incompétente dans cette sphère. Ce qui domine légitimelûeut l'esprit intelligent , c'est la vérité , et par, conséquent toutes les voies de la communiquer, de l'en-

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leigner , de rétablir , c'est-à-dire l'exposition , la dé monstration , la persuasion. Ce qni domine légitime ment la volonté , c'est le bien , la justice , le droit < tout ce qui sert à en donner le sentiment, la convictioi et le désir. La force des êtres raisonnables est donc dan la science, qui conquiert les esprits par la vérité ; et dan la vertu, qui soumet les volontés par l'autorité de laïc et du bien. La loi doit donc se présenter à ce degré comm vérité pour l'esprit, comme bien pour la volonté, et aim elle ne doit plus seulement empêcher, limiter, corn primer, elle a encore à diriger nue intelligence libre à laquelle elle doit commander ce qu'il fant faire. 0 de quel droit un homme peut-il commander à un homme Us sont ^ux par nature , et nul ne peut légitimemeo imposer sa volonté comme loi , pas plus qu'une raison ni peut en forcer une autre d'accepter sa pensée comm( vérité. Les raisons et les volontés n'ont de puissance soi leurs semblables qu'en vertu de quelque chose de ploj haut , qui les domine toutd» et peut seul les accorder Elles ne peuvent s'entendre et s'unir que dans la vériti et la justice. La vérité , ce n'est pas l'homme qui la fait ; elle vient du principe de tout ce qui est, de Dieu, qui ^1 lui-même la souveraine Vérité. La justice, ce n'est poinl rhonmie qui llnvente ; elle dérive de Celui qui a donn^ la loi à l'univers, qui est lui-même la loi universelle, l'unique Législateur. Le privilège des êtres raisonnables est de n*obéir qu'à la vérité et à la justice, par conséquent à Celui dont elles émanent , à Dieu seul. Donc le commandement ne peut leur être imposé légitimement qu'an nom de Dieu , et ainsi vous n'aurez point de base solide de

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