PARTIE THEORIQUS. -^ GHAP. II
qaer d'arriver qnand une fois le nom de Diea a été posé dans rame de Tenfant. L'homme reçoit alors avec une cariosité avide tout ce qu'on lui apprend à cet égard , et comme il a, dèsTâgele plàs tendre, le goût du merveilleux, du surnaturel, tout ce qu'on lui dit de Dieu, de ses perfections, de sa providence, de ses miracles, du Ciel, d'une autre vie , de l'éternité, etc. , l'enchante et excite en lui le désir de connaître ce monde supérieur. C'est pourquoi les enfants aiment tant les récits de THistoire sainte , où Dieu intervient et se révéla à chaque instant par de grandes manifestations de puissance. Ceux qui ne veulent pas qu'on parle de Dieu à l'enfant dans le premier âge ne voient point qu'ils laissent sans objet et sans nourriture un des besoins les plus vifs de l'esprit et du cœur, et qu'en ne lui donnant pas un aliment convenable par la parole divine , ils le forcent à chercher de quoi se satisfaire dans les produits fabuleux, fantastiques, et plus ou moins absurdes de l'imagination humaine. Si vous n'offrez pas à l'homme le vrai merveilleux , le merveilleux divin, il s'en fera un à sa guise; et en place d'une croyance simple et pure qui éclaire Tesprit en élevant le cœur, vous aurez les superstitions et les préjugés qui faussent trop souvent le premier développement*
Hais si vous persuadez facilement l'enfant en tout ce qui se rapporte à Dieu , si ces hautes idées s'établissent en lui comme d'elles-mêmes, dès qu'il a admis le nom divin, il vous sera encore plus aisé de le porter à réagir vers Dieu, aussitôt qu'il en sentira l'action, en le faisant prier et adorer comme il convient à son degré. Par là se réalise ce qu'il croit et sent. S'il se tourne vers Dieu , c'est qu'il
a été touché par Dieu ; il ne prierait point s'il ne croyait en rÊtre bon et fort qui peut le protéger, le conserver, lui et ceux qu il aime. Sa foi lierge et pure s'exprime alors naïvement , avec beaucotip de candeur et de grâce. Ce sont vraiment les prémices du ôœur, le premier encens de rame offert à Dieu. Bien n*est plus doux à contempler que l'enfant en prière, ses petites mains jointes, ses yeux tournés en haut , sa bouche innocente prononçant avec un charme indéfinissable les paroles sacrées , et sa physionomie transfigurée pour ainsi dire par une lumière du Ciel , et comme environnée d'une auréole divine. Cette disposition , hélas ! ne dure pas long-temps ; c'est une fleur d'un moment. Elle se fane quand parait l'esprit d'examen avec sa réflexion et ses doutes, et la foi s'attiédit dès que la discussion commence. Mais le fondement subsiste s'il a été établi dans l'origine ; et ceux qui ont eu le bonheur de croire et de prier ainsi dans leur enfance, conservent en eux une base qui résiste à toutes les vicissitudes de leur esprit et de leur volonté, et sur lequel l'édifice céleste pourra toujours ôtre rebâti.
Deux conséquences graves sortent de là. La première, c'est qu'en posant dans l'enfant la croyance en Dieu , vous avez posé le principe de la morale. Vous avez fondé la loi, en la rattachant au législateur, et comme ce législateur se manifeste avec l'autorité, qui le rend naturellement supérieur à l'homme, il n'y a pas à contester avec lui , et l'homme trouve dans la puissance de Celui qui Ta créé e! le conserve la raison péremptoire de son obéissance. 11 sent qu'il appartient à Dieu, puisque Dieu l'a fait ce qu'il