‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 39 sur 199 · PARTIE THËOfilQUe. — CUAF. II · texte numérisé non relu

PARTIE THËOfilQUe. — CUAF. II

aura toojours qudque chose de froid dans cet amour, et le patriotisme qui eu uaitra, sauscœur et sans eu* thousiasme, sera prudent comme l'intérêt qui lui sert débitée.

Ces différents moyens d'enseigner à riionime la loi morale ne sont vraiment efficaees pour le bien , que s*i!s sont en rapport avec le principe de Tordre et de la justice, dont toute loi dérive. L'auiorîté des parents réduite à elle-même devient humaine, et dégénère facilement en emportement ou en caprice. L'éducation, sans Tinfluence prédominante de la religion, développe l'esprit, mais ne sait point former le cœur, ni élever l'ame. La législation, séparée des croyances religieuses, n'agit sur les hommes que par la crainte ou Tintérét ; substituant le principe de Fégoïsme à celui dudévouement, elle va contre sa fin, en divisant au lieu d'unir.

Un mo>en ne vaut que s il mène à sa fia , en partant du principe qui j correspoud. Le principe de la loi étant la volonté de Dieu , et la fin de la loi la conformité de la conduite de Tbomnie à cette volonté, ou Tunion de J'bomme avec Dieu, il suit que tous les moyeusdc mx^a* lisation , pour être légitimes ou efficaces, doivent soitir de la conuaissâuce de Dieu et conduire à Dieu. Hor» de là , il n'y a point de moralité possible : car sans le rapport

arec Dien, il n'y a point de loi yéritable pour Thomme. Ce qui revient à dire, en termes plus simples , que les moyens employés pour former la conscience morale ne sont vrais et bons qu autant que Fesprit religieux les anime et que Finiluence divine les dirige. Sans cet esprit, sans cette influence, ils n'ont plus ni vertu, ni autorité. L'homme est réduit à lui-même pour agir sur son semblable. Il peut le contraindre parla force, le convaincre, le persuader, T entraîner par l'affection ou le pousser par Tintérét : mais il n'a pas droit de lui commander, et des deux côtés tout ressort du bon plaisir. L'autorité supérieure n'intervenant pas, l'obligation morale n'est point fondée. Ainsi va la puissance paternelle , quand méconnaissant son origine et sa mission , elle ne parle pas au nom de Dieu. Le père qui ne s'appuie pas sur une autorite supérieure ne peut échapper à l'erreur, à la passion, au caprice. Livré à lui-même, il est le jouet da tempérament, des sens, de l'imagination , de la disposition ou de l'humeur du moment, des circonstances physiques ou morales où il se trouve ; il n'aura aucune force pour y résister, aucune lumière pour en reconnaître l'influence , et sa volonté , sa pensée , sa parole et son action en seront continuellement troublées. La famille sera donc abandonnée au mouvement de la chair et du sang, comme dit saint Paul, à la loi inférieure, qui domine dans nos membres. Si le père est d'un caractère faible , le même désordre arrivera , mais en sens contraire ; l'enfant sera lé tyran. Le pouvoir paternel mé- (5onnu, foulé aux pieds, indignement outragé par les enfants, parce que , sans foi en son origine supérieure , il

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