PARTIE TH£ORIQUC. — CHAP. II
i*abandoniie lâchement lui-même, est une des choses les plus déplorables , et qui se voit trop souvent de nos jours. La foi religieuse pourrait seule dans ce cas fortifier la faiblesse personnelle des parents. Par elle ils se sen-* tiraient soutenus d'en haut, participant à une vertu sur-^ humaine, et, se croyant les délégués de Fautorité divine, ils trouveraient dans leur conscience le devoir de la faire respecter, ou au moins de ne pas la laisser dégrader. Mais supposez des parents faibles, sans foi , sans religion, dominés par les affections naturelles, toujours amollissantes, parce qu'elles ont leur racine dans le corps et les sens, et vous aurez un des états les plus misérables où rhomme raisonnable puisse tomber, mené indignement par le caprice d'un enfant , subjugué par une caresse, terrifié par une menace, et n'ayant point le courage de combattre une volonté ignorante et désordonnée qui le désole en se perdant elle-même. Le régime de la famille, non réglé par la religion, est ce qui démoralise le plus les individus et les peuples ; car non-seulement il n'apprend point la loi morale, mais encore il habitue dès l'origine à ne point respecter, à ne point aimer Tautorité , soit qu'on lui obéisse à regret , quand elle est tyrannique et purement humaine, soit qu'on la méprise quand elle est nulle. C'est la cause principale de notre malaise moral et politique. Il n'y a presque plus de familles chrétiennes , et c'est pourquoi les peuples sont si peu chrétiens. Si Dieu ne règne plus dans le cœur des hommes , le père à son tour ne règne plus dans la famille, et quand l'autorité paternelle défaille, tous les pouvoirs de la terre chancellent.
ISS PHILOSOPHIE HOBALE.
Ce que noua veoons de dire de la famille s'applique à l'éducatioB, qu'elle soit doonée par les parents ou par les maître. Certes , si la religion doit domioer qneiqac part, c'est là , et surtmit dans les établissemeals pablics, (A l'Etat , se substituant aux familles , veut forma luimême ses dto;ens. Sons ce rapport comme soos tant d'antres, nous porlons encore aujourd'hui les tristes couségnences de la démence du dernier siècle , qui , voulant exiler la religion du inoode , s'étmt imposé la tâche de tout refoire sans elle. Après les plus déplorables esEais, force a été de la réintégrer dans l'instruction publique; mais , ne pouvant s'en passer, on lui a laissé tout juste l'action qu'on ne peut lui dter. Notre éducation moderae, par le principe même de sa constitution et de son organisation, n'est point fcmcièrement religieuse ; c'est là sou vice essenliel , qu'on a tenté de guérir de diverses manières, sans obtenir d'autre résultat que de mitiger le mal, de le conteuk et le plus souvent de le masquer. 11 ; a dans nos collèges quelque chose qui s'appelle religion ; le nom et la forme s'y trouvent, l'esprit u'j^ est guère; et c'est pourquoi, malgré les bonnes volontés individuelles et des efforts louables , on voit sons ce rapport peu d'avancement solide , peu d'amélioration réelle. Ou lurtjfie les études, on les multiplie au-delà peut-être du nécessaire ; on resserre la discipline , on maintient par la crainte, on excite par le désir des récompenses, ou enflamme par l'amour de la gloire. On fait des hommes à la manière humaine et par des moyens humains; ou ne