PARTIE THÉORIQUE. — GHAP. II
biaitôt, faute d'aliments. Les yertus chréttenneâ sont ignorées on pea estimées. L'amonr de Dieu et du prochain est presque une faU>les8e. l'autorité est regardée
comme un joug ; la loi , cooune le droit du plus fort, La jeunesse qui sort de nos écoles peut se diviser en deux
classes : les plus instruits , ceux qui ont travaillé et se sont distingués , sont dévorés d'ambition ; ils veulent parvenir, et parvenir à tout prix ; car malheureusement ni la foi , ni la piété , ni le respect de la justice ne tempèrent eu eux cette passion. Chaque année un flot de cette jeunesse remuante se verse dans la société et l'inquiète de son activité désordonnée. Les autres, qui ont peu travaillé^ qui n'ont pu se mettre hors de ligne , se réduisent systématiquement au positif de la vie, et, sans cher* cher la gloire, le pouvoir ni l'influence, ils se bornent à jouir s'ils en ont les moyens. Pour ceux-là aussi tout est bon , pourvu qu'ils s'amusent, s'enrichissent ou fassent leur chemin. Voilà les résultats généraux d'un système d'instruction publique dont la religion n'est point le fondement, et qui n'est point animé par la foi chrétienne. Il y a d'honorables exceptions, sans doute , et nous le reconnaissons d'autant plus volontiers qu'elles ont plus de mérite et supposent plus de vertu.
Nous avons dit plus haut ce que devient nu Etat quand la législation ne conduit les citoyens que par la crainte ou l'intérêt. Or ce sont en effet les seules prises qui lui restent , quand elle s'est séparée de la religion. Alors la kn n'a plus qu'une force humaine, elle manque de sanction supérieure , et c est poianquoi elle ^st si instable en elle-même et dans le cceur des citoyens. Elle
n'est plus à leurs yeux qu'une affaire de ciroonstanee ^ une combinaison d'intérêts , un résultat d* intrigues parlementaires , enfant monstrueux de la collision des partis. On l'observe, tant qu'on ne peut la violer sans se compromettre, par crainte, par prudence, ou par convention. On l'élude, autant qu'il est possible, quand elle gène, on cherche à la discréditer de toute manière dans l'opinion, si on ne l'approuve pas ; on la sape en secret ; on s'apprête à la détruire ; elle a toujours cootre elle un parti ennemi ; et, comme l'opposition finit par arriver au pouvoir, la loi d'une époque contredit celle d'une autre , et le bon sens du peuple en est confondu. C'est pourquoi le serment, cette antique garantie de la foi donnée, a^perdu de nos jours sa valeur et sa dignité. Affirmer par serment , c'est en appeler à Dieu , comme témoin on garant de ce qui est dit ou promis. Sans l'intervention de son nom sacré, le serment n'a plus de sanction. Qu'on jure devant le crucifix , sur les saints Evangiles ou par le nom de Dieu , cela se conçoit. Il y a là quelque chose qui représente la divinité, et, en la prenant à témoignage ou en garantie , nous fortifions notre parole de sa véracité et de sa puissance ; en outre nous appelons sur notre tête l'indignation divine , si notre conduite vient à démentir nos paroles. Dans le serment ainsi prononcé. Dieu fait pour ainsi dire cause commune avec nous ; il nous impose ce que nous affirmons , et ainsi la condition d'obligation morale s'y retrouve. La formule actuelle du serment politique est vraiment le symbole de notre état social. On jure fidélité au roi et à ia loi en levant la main, et pas un mot ne rappelle celui devant lequel on