‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 42 sur 199 · PAIITIK THÉORIQUE. — CHAP. II · texte numérisé non relu

PAIITIK THÉORIQUE. — CHAP. II

doit s'engager, en sorte qu*an athée peut jurer comme un chrétien. C'est tout au plus une parole d'honneur ; c'est même moins aux yeux de beaucoup , qui n y croient pas leur honneur engagé. Aussi se joue-t-on aujourd'hui des serments, on les viole comme on les a prêtés, sans y penser. Ce n'est plus qu'une vaine forme, et ce ne peut être autre chose, depuis qu'on en a retranché l'élément religieux. On a cru agir très-philosophiquement en isolant les lois et le gouvemement des croyances religieuses. La loi , a-t-on dit , protège également tous les cultes, mais n'en adopte aucun. On a poussé cette maxime à l'extrême en affirmant que la loi doit être athée, assertion iiqmoraleet absurde s'il en fut jamais; immorale, car qans Dieu il n'y a point de morale , ni publique, ni privée ; et la loi qui ne le reconnaît point ne peut obliger la conscience de personne : absnrde, parce qu'une loi ath^î si elle était possible , se détruirait elle-même en renversant sa base et reniant sa sanction. Probablement celui qui a dit ce mot le premier , et ceux qui l'ont répété ensuite, n'y ont pas vu tant de choses , et dans leur intention cette phrase n'avait pas tout le sens qu'elle porte en elle. On a voulu exprimer d'une manière piquante la tolérance religieuse de la loi moderne , et , comme chez nous on veut toujours dire les choses avec esprit , rapprochant deux termes contradictoires et les unissant pour ainsi dire malgré eux, on a avancé une proposition paradoxale, qui parait ingénieuse, et qui est foncièrement fausse.

I4i IWILOSOPHIE MOKALE.

Outre ces moyens, il y a encore raclion direcie de fai religioD, qui, oomme instiludoD mmale, an- DOQce à l^homine sa loi, hii enseiçne ses devoirs et Taide à les accomplir. C'est sans contredit le plus exeeUetat moyen poor former la oonscieiicey moyen d autant ploseflicace que le dogme est plus Traî , la morale plus pure, le coite mieux entendu el la discipline plus ferme. Le duristianisme remplit ces conditions an plus kani degré. Il possède la pa* rôle dirine dans sa vériaé ; ancane morale n'est comparaUe à «ile qn il enseigne, et noile part lliiimme ne tnmw aniani de acoonrs pour appanendi^ à se ccmnakrf, à cv nnatoe sa loi et à

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