PARTIE THEORfQUE. — CHAP. II
au-dessas de rhomme, qu*e)Ie gouverne, qu'elle jugera, r^ompensera ou puui^p , en raison de ses aele». Toute religion implique par le fait un supérieur, un législateur, une autorité et une loi , et ainsi des demrs, une morale et une discipline. Le pagnnisme, qu'on a accusé avec raison de s occuper peu de la moralité, avait cependant une doctrine morale, conséquence nécessaire de sa dogmatique ; car en admettant des dieux, il établissait que leurs volontés devenaient des lois pour les hommes, auxquels il eu serait un jour demandé compte ; ce qui supposait la survivance de Fâme au corps ; un jugement après la mort^ une existence future, heureuse ou malheureuse en raison de la vie ter* restre , et par suite la crainte et Fespérance , les deux moyens les pins efficaces de conduire l'homme ici-bas. Le but final de toute religion est de rendre l'homme meilleur, en lui apprenant à connaître et à suivre la volonté divine. Mais ce qui distingue les religions, c'est la manière dont elles tendent vers ce but et s'en approchent. Sous ce rapport, comme sous tous les autres, le christianisme est la religion par excellence , ou la con-» sommation de toute religion. Sa dogmatique est la plus simple, la plus sublime et la plus profonde; c'est le cours de métaphysique le plus élevé qui ait jamais été présenté aux hommes, non en système et comme théorie, ce qui serait la forme et le signe d'une pensée humaine; mim avec la simplicité et l'universalité de la parole divine, qui, s'abaissant jusqu'à l'homme, est encore obligée, pour être comprise , de revêtir une enveloppe terrestre. Tandis que dans les dogmes du paganisme égyptien,
iudieD ou grec, sont entassés les débris des traditioni primitives, tellement altérées par l'imaginatioa et les sens, et symbolisées de tant de manières pour s'accommoder aux passions, aux préjugés et aux usages des peuples, que toutes ces antiques théogonies sont des labyrinthes d'où l'intelligence ne peut sortir ; le dogme chrétien ne pose justement que les vérités nécessaires à l'homme pour s'orienter dans le monde, régler sa conduite et déterminer sa marche sur la terre. II ne prétend point tout expliquer , il enseigne seulement à l'humanité ce qu'elle doit savoir, pour remplir sa deslination. Par le christianisme seul ont été résoins les grands problèmes de Dieu , de l'homme et du monde. Ces solutions, annoncées dogmatiquement ou comme priacipes éternels de la science et de la vie , sont pleines de conséquences admirables, qui se déversent sur tontes choses. Ainsi la morale chrétienne , qui s'applique an tempa et à l'éternité, dérive de la métaphysique de l'Évangile, et puise dans les profondeurs du dogme son origioe, son esprit et sa force. Ces hantes vérités, proclamées si simplement par la parole de Dieu , pnis définies rigonrcnsement par son Église , ces vérités si profondes que les plus fortes intelligences ne peuvent les sonder, se laissenl saisir h des degrés inférieurs par les ignorants et les faibles , et on lesTetrouve toujours vraies, belles et vivantes sous les symboles, les formules, les cérémoaies et jusque dans les signes les plus extérieurs du culte. """""""""înts du ciel, elles sonlélernelles, universelles ciel ; elles s'adressent à tous , se donnent à nettant à la portée de chacun. Métaphysiques