PARTIE THÉORIQUE. — CflAP. H
dcrni^fics n'ont de prise sur les hommes que par le dehors. Elles ne peuvent prescrire ou défendre que des actes eiternes^ elles sont impuissantes , quand elles n'ont ni actions, ni paroles à saisir. La volonté, Tintèntion, le secret du cœur leur échappent. Il leur est impossible d'apprécier les circonstances qui < nt amené le crime, et qui le rendent moins coupable par un entraînement insensible, par des causes indépendantes de la volonté. EUes ne voient que le fait et son rapport à la loi éorite qui le condamne on l'absout. La loi de ftioïsc est plus profonde , elle est à la fois religieuse et civile, elle fonde la société politique par la religion. Elle pose la législation sur la morale , et la morale sur le dogme , ce qui est Tordre vraiment scientifique. La parole de Jésus- Christ va encore au-delà ; elle a donné au monde le code de la charité. Elle recommande aux hommes , non plus seulement de ne point se nuire , mais de s'aimer en frères et de se dévouer les uns pour les autres. Elle soumet h la règle les pensées, les désirs, les sentiments^ les volontés ; elle va saisir le mal à sa racine; tlle le frappe jusque dans son germe, dans l'impression même d'où ressort le désir. Ainsi s^est complétée la vraie législation, qui embrasse tons les faits de l'homme, depuis le mouvement du corps jusqu'à la motion la plus intime de l'âme ; et comme ces faits du dedans tombent uniquement sous ]a conscience de celui qui les éprouve, pour Icsatteindre parla loi, elle a établi un tribunal de la conscience, où les volontés viennent sa dévoiler dles-mémes devant Dieu et son ministre, afin de rejeter le mal, et de recevoir avec la punition expiatoire une lumière nouvelle et une nouvelle force
pour rentrer dans le bien : tribunal admirable où les coupables s'accasent eux-mêmes loin de se défendre , où ils invoquent la peine, loin de chercher à s'y soustraire, où le juge remplit un ministère de consolation plus que de Tindicte^ et dont les arrêts, à rencontre de ceux de la jus* tice humaine , transmettent le soulagement et la vie. Là seulement la loi atteint sa perfection , car elle corrige en punissant et ne châtie que pour rendre meilleur. . Mais ce n'est pas tout , et ici se montre la prééminence de la religion chrétienne. Elle ne se borne point à défendre ou à ordonner, elle fournit encore les moyens d'exécuter ce qu elle commande, elle donne la force de s'abstenir de ce qu elle condamne. Les lois humaines préTÎennent le mal, soit en effrayant par la menace ou l'exemple de la peine ceux qui seraient tentés de le commettre, soit en les entourant de barrières qui les compriment. Elles sont prohibitives , négatives , même quand elles vont au-devant du délit. Elles n'ont guère d'efficacité que pour arrêter, pour empêcher. L'action religieuse doit an contraire être positive ; elle doit transmettre le bien plus encore que préserver du mal ; et , comme il faut toujours commencer par combattre le mal , elle inspirera d'abord le courage et la force nécessaires pour cette lutte , afin que par son secours la volonté parvienne à se vaincre elle-même et le mal en elle. Là est la pierre de touche des religions. C'est dans la pratique qu'on reconnaît s'il 7 a vraiment quelque chose de divin en elles , en tant qu'elles travaillent à famélioration morale des hommes et les mettent sur la voie du véritable perfectionnement. Le diristianisme seul ateint ce but, parce qu'en lui il y