‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 47 sur 199 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la liberté morale.

La liberté; bien qu'elle ne soit pas essentiellement contraire à la loi , puisque sa perfection est de s'identifier avec elle, implique cependant dans son exercice la puissance de s'y opposer. La loi, lex, de ligare^ est ce qui lie et par conséquent oblige la volonté. La liberté la délie ou la délivre, en lui donnant le pouvoir de s'affranchir de la loi^ si elle le veut. Il n'y a donc de liberté que là où la loi peut être connue, voulue ou non voulue, c'està-dire, dans les êtres intelligents. La liberté est une propriété de la volonté , mais elle n'est pas la volonté même; car la volonté peut agir sans faire acte de liberté, comme il arrive quand elle accomplit la loi spontanément et par la nécessité de sa nature. Ainsi chaque homme veut son propre bien, et ne peut pas ne pas le vouloir. Mais tout acte de liberté suppose la volonté, même quand on agit contre son penchant et son goût.

Trois choses, avons-nous dit en commençant, sont nécessaires pour constituer la moralité , la loi , la connaissance de la loi et le pouvoir de l'observer ou de

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