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laquelle Dieu Timpose à rhamanité : savoir, le jugement et racceptation de la loi par Tètre intelligent, auquel elle est proposée. Quant aux nations chez lesquelles la loi ne s'établit point de cette manière, ou elles sont encore en enfance, c'est-à-dire, incapables de juger ce qui leur eonyient , et ainsi il n'y a point lieu de leur demander un consentement : ou bien elles sont sous le joug , con • traintes d'accepter comme loi ce qu'elles ne peuvent approuver ; et dans ce cas il y a despotisme et servitude, état politique anormal et contre nature. Nous verrons aillearsles applications de ces vérités.
la liberté n'appartient donc qu'aux êtres intelligents, parcequ'eux seuls peuvent connaître la loi, et l'adopter ou la rejeter en raison delà connaissance qu'ils en prennent. Tous les autres êtres la reçoivent sans y consentir, puisqu'ils n'ont point la faculté de la juger. Us suivent aveuglément, fatalement, l'impulsion de la volonté supérieure qui les mène sans qu'il y ait de leur part possibilité de résistance ou d'opposition.
Nous avons vu dans la Psychologie que la volonté et la liberté ne sont pas identiques , car il y a des cas où nous voulons sans liberté, c'est-à-dire, sans pouvoir faire autrement et par un instinct irrésistible. Alors il n'y a point à choisir , nous ne pouvons nous refuser à la loi sans agir contre notre nature. Il en est sous ce rapport de la volonté comme de la raison. On peut penser de toutes sortes de manières sur tel objet ; mais il y a certains principes et certaines conditions de la pensée qu'on ne peut contester ou nier sans se réduire à Tim-
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puissance de penser, sans annuler Tètre pensant. Tête sont les axiomes , les définitiims premières et toutes les vérités qu'on appelle nécessaires. De même la volonté ne pent point ne pas vouloir certaines choses nécessitées par la nature humaine. Ainsi tout è^ vivant cherche spon* tanément son hien et ne peut pas ne pas le chercher. Chacun T entend à sa manière et le poursuit par une autre voie ; mais tous s'accordent à le désira et à le demander. L'être raisonnable qui voudrait sciemment ce qui lui est contraire ou nuisible , serait absurde et immoral. Beaucoup sans doute désirent ce qui leur sera funeste ; ils se trompent dans l'appréciation, mais ils n'en veulent pas moins leur bien. Aucun homme ne fait le mal pour le mal, et comme mal. Il a toujours l'intention et l'espérance d'en tirer un bien. Il préfère souvent un bien à un antre, et se soumet à des privations ou à des peines pour l'obtenir : c'est encore son bien qu'il cherche à travers les souffrances qu'il accepte ou qu'il s'impose. Ainsi tout homme s'aime et ne peut point ne pas s'aimer ; mais il peut s'aimer plus ou moins , conformément ou contrairement à la justice et à l'ordre. Ici la liberté s* exerce dans le choix des moyens de contenter l'amour-propre , pouvant le maintenir dans les limites de la loi ou l'étendre au-delà. Quant à l'amour du moi, nous ne sommes pas maîtres de ne pas l'éprouver, parce qu'il est un besoin essentiel de notre nature , un penchant inné de notre être, un instinct fondamental réglé par la justice, qui est la meilleure garantie de notre conservation , comme il produit tous les maux , en tant que prin-
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cipe de T^ïsme , quand il trouble Tordre et dérange Técpiité. Ces faits de la yolonté non libre peuvent nous indiquer jusqu'à un certain point ce qui se passe dans les animaux. Il y a en eux un principe volontaire ou quelque chose qui lui ressemble, une tendance à se mouToir d'une certaine manière, qui les porte vers certaines choses sans connaissance réfléchie de lobjet ^ ni de leur action , mais avec un sentiment du but où ils tendent et de ce qui y mène. Il n*y a ni délibération , ni consentement, mais sensation , impulsion, entraînement , et de là ce qu'on appelle instincts La liberté n'est donc pour rien dans leurs mouvements ; ils agissent par nécessité et marchent infailliblement à leur fin. Les animaux qui paraissent les plus intelligents font des choses admirables sans en avoir jamais la conscience ni la science, sans discerner ni choisir les moyens, et c'est pourquoi ils opèrent aujourd'hui comme il y a quatre mille ans , n'étant pas plus susceptibles de perfectionnement que de dégradation.
Par contre, la volonté est impliquée dans tout acte dé liberté ; car la liberté est la volonté dirigée par Tintelligence , discernant par la pensée avant de choisir ou de décider. Nous pouvons exécuter, par un acte de liberté ^ des choses auxquelles la volonté répugne, et qu'elle accepte cependant quand la raison ou la loi le demande , comme il arrive si nous agissons contre nos penchants , nos inclinations et nos goûts , et alors la liberté ressort davantage , par l'opposition même de la volonté et de ses désirs. Ainsi le marchand qui jette à la mer sa cargaison pour sauver de la tempête son na\ire et sa
personne , aime mieux perdre ses richesses qae la vie ; il les jette malgré lui , et néanmoins il les jette volontairement, puisqu'il veut sou saint ; il est encore libre de les garder ; car il n'est sûr ni de se sauver en les sacrifiant, ni de périr en les conservant. La Tolonté est donc aux prises avec elle-même, et la lutte se décide par un acte libre , où elle est à la fois victorieuse et Taincae. De même celui qui donne sa bourse pour sauver sa vie , tout contraint qu'il est par la violence , préfère cependant une chose à une autre , ce qui suppose un acte de liberté contre sa volonté. C'est ce qui arrive toutes les fois qu'il 7 a scission dans l'homme par le partage de sa volonté tirée en sens divers , et devant vouloir librement contre elle-même.
L'être absolument libre est€elui qui n'est lié d aucune manière par aucune loi; c'est l'Etre Suprême et Un y qui ne relève de personne, qui est parfaitement indépendant et dont la volonté est la loi universelle y principe des lois divines et humaines. La créature ne peut être libre que d'une manière relative. Celle qui est faite à l'image de Dieu y a aussi en elle une image de la liberté divine par la faculté inhérente à sa volonté, non d'être au-dessus de la loi ou de la £adre , ce qui est le privilège du Créateur , mais d'accepter la loi ou de la refuser, de Taccomplir ou de l'enfreindre. Du reste,