‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 52 sur 199 · PARTIE THÉOBIQUE. — GUAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉOBIQUE. — GUAP. III

de Fètffe intelligent, c*est de faire tout cela avec conaaissanoe^ avec liberté, aTee amour.

La liberté de la créature est aa fond la même chose qae celle du Créateur , sauf la différence incommensurable de riacréé au créé , de l'Infini au fini , de F Absolu au relatif. En l'homme comme en Dieu , la liberté est une faculté d'indépendance ou d'affranchissement. Mais dans Thomme ou dans la créature, quelle qu'dle floit, fit sublime qu'on la suppose, llndépendanôe est toujours relative, l'affranchissement partiel; et on ne peut emiGeYoir qu'il en soit autrement sans détruire Tètre créé ; car il ncTit que par aon rapport avec celui dont il est , ^r le lien qui l'y attache , et ainsi par sa dépendance et sa soumission. Il est aussi impossible de se représenta une créature sans loi, que le Créateur soumis à une loi. La sujétion à la loi est dans l'idée du créé, comme ] Indépendance de la loi est dans l'idée du Créateur. L'être créé ne vit qu'en recevant ; il reçoit la vie , l'aliment et la règle de sa vie, de l'Etre supérieur qui l'a posé et animé. Sa liberté ne peut donc consister à rejeter toute dépendance, ni à s'i^ranehir complètement, puisque ce serait rejeter la vie et les moyens de vivre ^ se séparer de ce qui est sa force , comme la branche qui se détache du tr<me. Id se montre la folie de ces doctrines morales on politiques qui (dacent la liberté soit dans le pouvoir de se mettre au-dessus de la loi, en agissant comme on veut, soit dans le. privilège de la faire, afin de n'obéir qu'à soimême en s'y conformant. C'est mettre l'homme à la place de Dieu ; c'est renouveler la première faute , fruit du premiâ: oiigueil; et il en arrive toujours ainsi, quand la

créature s'exalte en elle-même et ne reconnaît plus sa nature ni sa place. L'homme n'est pas plus l'auteur que le maître de sa loi ; elle lui est donnée dans toutes les positions, s'il sait la reconnaître; il n'a pas à llnventer, mais à la découvrir , et il est législateur au même titre qu'il est père, par la délégation d'une puissance plus haute , dont il est le ministre.

Il importe donc essentiellement à son bonheur de bien savoir en quoi consiste la liberté, comment et jusqu'où elle doit s'exercer. Sa liberté est le résultat de sa nature et de sa position. Par sa nature, il est l'image de Dieu; il doit donc avoir en lui une ressemblance, une ombre de la liberté divine ; il doit être libre à Texemple de son divin original , mais avec la différence immense qui les sépare. Dépendant par le fait même de son existence, il aura toujours un supérieur puisqu'il a un principe; ne pouvant subsister par lui-même, il est nécessairement soumis à ce qui le fait vivre. Il ne peut poser sa volonté comme loi, car il y a une volonté au-dessus de la sienne. Se mettre au-dessus de la loi ou prétendre la fonder luimême est le comble de la démence et de l'orgueil ; car il ne peut pas faire qu'il soit créateur et non créature. Il ne peut donc ressembler à Dieu sous ce rapport : si cela était possible, il ne serait plus homme. Sa liberté se réduit donc à accepter ou à repousser volontairement la loi qui lui est proposée, et par conséquent à concourir, par son intelligence et sa force à l'accomplissement de la volonté divine, ou à la contrarier, ce qui tourne toujours an détriment de l'être créé. Sa dignité consiste à n'accepter la loi que sciemment et libremrat , puis à ajouter son consente-

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